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dimanche 15 septembre

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Roman - Policier

Le Sang de la trahison

Tueur en série - Assassinat - Procédure MAJ vendredi 29 novembre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 8,9 €

Prix du Quai des Orfèvres 2014

La remise du Prix du Quai des Orfèvres 2014 a une résonance particulière car elle se situe dans la commémoration du centenaire de la Police Criminelle de Paris. Sa proclamation ne s'est pas déroulée au lieu habituel, mais sous l'immense "Barnum" installé sur le Champ de Mars, devant l'École Militaire. L'annonce du lauréat a été faite par le Préfet de Police lui-même, en présence du médiatique parrain du Prix 2014 : Jean Dujardin. Le jury a dû choisir entre soixante-treize manuscrits avant de retenir le présent roman. Celui-ci est l'œuvre d'un enfant du sérail, puisque qu'Hervé Jourdain est Capitaine de Police procédurier.

Zoé Dechaume est policière aux Stups'. À sa demande, elle est mutée à la Crim'. L'accueil, par le Patron, est plutôt froid pour ne pas dire glacial. Il n'accepte pas l'arrivée d'une femme, de plus contre son gré. Elle intègre, cependant, le groupe du commandant Bonnot où travaillent le capitaine Desgranges, son adjoint et le lieutenant Turnier.
Un cadavre est découvert dans un recoin de la galerie de la Sainte-Chapelle, au cœur du Palais de Justice. Dans la main droite, les policiers trouvent trois sucres de formats différents et dans l'autre deux cartes postales reproduisant des tableaux. Le mort est vite identifié. Il s'agit d'un juge qui vient d'être accesseur dans un procès où le dealer a été acquitté grâce à la plaidoirie de son avocat. Zoé, impliquée dans cette affaire, sa dernière aux Stup', pense à une vengeance du père de la jeune victime. Comme ce dernier a disparu près de trente minutes des caméras de surveillance, il est le suspect idéal.
Mais, celui-ci est vite innocenté quand un second cadavre est retrouvé dans le local de la presse judiciaire. C'est un journaliste de l'AFP, qui tient trois sucres dans sa main droite et deux recueils de poèmes serrés dans sa main gauche.
Parallèlement, l'auteur de ces crimes exprime sa rancœur et sa haine pour...

Hervé Jourdain organise son roman autour d'un groupe de la Police Judiciaire Parisienne et prend, pour principal décor, le cœur du "36" et du Palais de Justice sur l'Île de la Cité. Il articule son intrigue autour d'un tueur en série qui sévit, comble de l'ironie, au sein même de la plus grand machine policière et judiciaire de France.
Il implique le lecteur dans une enquête menée par un groupe d'intervention, prenant comme héroïne, une jeune femme qui intègre le prestigieux service qu'est la Crim'. Il la confronte, dès son arrivée, à une série de meurtres aux motivations mystérieuses.
Grâce à sa connaissance des lieux, l'auteur permet la visite des principales parties de ce dédale de couloirs, d'étages, de bureaux... et concocte une intrigue astucieusement montée et menée. Il fait partager la vie des policiers, l'ambiance des différents services, le travail au quotidien, l'implication de chacun dans la traque des criminels.
Il explicite, également, les rapports avec "l'extérieur", en particulier avec les juges, les journalistes et les avocats. Il fait partager le dépit, la frustration, voire l'écœurement que peuvent ressentir des enquêteurs quand leur travail, pour confondre des criminels, est démoli par des avocats qui se remplissent "les fouilles de billets de cinq cents euros maculés de cocaïne, en défendant des crapules".

Certes, l'auteur se livre à un véritable plaidoyer pour la fonction de policier, presque un panégyrique, pour sa mission telle qu'elle est conçue. Cependant, il montre aussi, à travers un personnage, le policier désabusé qui n'effectue son métier que par routine.

Avec Le Sang de la trahison, le jury signe un excellent cru du Prix du Quai des Orfèvres, car le roman d'Hervé Jourdain est passionnant à lire par la connaissance de ce qu'il peint, par la passion qu'il fait transparaître pour son métier. Quelqu'un qui sait de quoi il parle quand il écrit un polar.

Nominations :
Coup de cœur Blues & Polar/Sylvie Turillon 2014

Citation

Moi, c'est la prise en charge de la veuve et de l'orphelin qui me motive, répondit Zoé du tac au tac. Je suis plus stimulée par la recherche de la vérité que par l'assistanat des voyous.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 25 novembre 2013
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