Déposer glaive et bouclier

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mercredi 19 septembre

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Roman - Noir

Déposer glaive et bouclier

Politique - Social - Guerre MAJ mardi 26 novembre 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

James Lee Burke
Lay Down My Sword and Shield - 1971
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Deparis
Paris : Rivages, octobre 2013
302 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2644-0
Coll. "Thriller"

Gammes texanes

Avant de maîtriser son art, l'artiste multiplie les esquisses, essaie des projets, trace sa voie. La sortie d'une œuvre de jeunesse permet à la fois de voir des constantes et de situer une évolution. Avant de s'installer à la Nouvelle-Orléans et de côtoyer ses bas fonds, James Lee Burke a louvoyé au Texas. C'est donc dans cet État qu'il a basé ce roman. Sa hantise de la culpabilité, de la mort, de la dette due aux anciens et aux aînés prend ici des résonances particulières : il y a le rappel du grand-père du héros qui lutta contre les bandits du far-west et un long épisode revient sur la jeunesse du héros dans un camp de prisonniers en Corée, un épisode traumatisant où il fut torturé jusqu'à ce qu'il dénonce un coupable déjà connu des geôliers. Les héros de James Lee Burke doivent lutter contre leur penchant pour l'alcool. Ici, Hack Holland, le personnage central, est un avocat choisi comme candidat démocrate pour une élection, mais UI a décidé de ne pas lutter et Préfère picoler allégrement au grand dam de tous ceux qui veulent le voir élu. Mais c'est un héros burkien, et s'il décide de régler ses dettes et de vivre en accord avec lui-même, quelque soit le prix, il le fera. Dans le sud du Texas, un de ses amis, Mexicain, vétéran de la guerre de Corée, a été arrêté suite à ses activités syndicales. Malgré la police aux ordres, les tribunaux et les forces réactionnaires, même si cela entache sa carrière, Hack Holland se doit se protéger son ami.
Le roman est porté par quelques scènes très fortes de violence : une manifestation avec pancartes et sa dispersion par les forces de police, la description des prisons en Corée ou au Texas, et par des évocations de la nature - ranch, chevaux. On retrouve donc les thèmes propres à l'auteur mais ils restent encore inscrits dans une veine réaliste, sociale, presque zolienne. Le récit alterne entre les scènes entre blancs fortunés, pris dans les combines pour fabriquer des lois qui les arrangent, et des compromissions politiciennes (le frère et l'épouse passent leur temps à inventer des excuses pour couvrir les virées alcooliques du candidat) et les descriptions du petit peuple déclassé qui essaie de survivre. Le récit est un peu manichéen à l'image des deux femmes du personnage : son épouse qui divorcera et cherche dans ses amours ceux qui pourront la faire accéder au pouvoir, et sa maîtresse noire liée aux syndicats. James Lee Burke se cherche encore et signe là, il y a plus de quarante ans, un récit sensible, bien mené mais qui est l'esquisse (déjà très intéressante et des coudées au-dessus de bon nombre d'écrivains) de ce qu'il sera capable d'écrire lorsqu'il maîtrisera parfaitement son art.

Citation

Parfois, je creusais une tombe dans la terre gelée sous la surveillance du sergent Tien Kwong, qui m'appuyait parfois le court canon de son pistolet-mitrailleur sur la nuque, l'œil fixe et rempli de haine.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 25 novembre 2013
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