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samedi 15 décembre

Contenu

Roman - Noir

Âmes volées

Social - Tueur en série - Mafia - Gang MAJ vendredi 25 octobre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Stuart Neville
Stolen souls - 2011
Traduit de l'anglais (Irlande) par Fabienne Duvigneau
Paris : Rivages, octobre 2013
412 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2622-8
Coll. "Thriller"

Conte de Noël contemporain

Quand Noël approche, tout le monde rêve de calme, de repos et de vie familiale. C'est aussi le cas pour l'inspecteur récurrent de Stuart Neville, Jack Lennon, qui a réussi à arracher sa fille des griffes d'assassins patibulaires et aimerait juste passer les fêtes avec elle, ne serait-ce que pour éviter que la famille de son ex-femme ne mette la main sur la petite. Mais nous tenons entre nos mains un roman noir et la trêve des confiseurs ne s'applique pas en pareil cas ! Le quotidien d'un inspecteur c'est de se déplacer s'il y a crime et, là, pour les fêtes, les cadavres vont s'accumuler. Tout commence avec la découverte d'un cadavre sur les docks et un échange de coups de feu entre ceux qui ont abandonné le corps et la police. Le mort n'est autre qu'un mafieux lituanien venu accroître son commerce en Irlande, tué par Galya, une jeune femme ukrainienne qui refusait de se prostituer, et qui depuis s'est enfuie. Poursuivie par le gang, son seul espoir est de faire confiance à un psychopathe qui s'est donné pour mission de sauver les prostituées de la ville. L'alliance entre les gangsters, les factions politiques extrémistes et les hommes corrompus de la police peuvent encore transformer un conte de Noël en tragédie, et Neville Stuart parvient à insuffler de la vitalité dans son intrigue grâce à la somme de détails sur les personnages : Galya est une battante qui ne peut se résoudre au rôle que veulent lui faire jouer les marchands de viande humaine. Lorsqu'elle se retrouve entre les mains d'un tueur en série, elle use ses dernières forces pour s'en sortir. De même, l'inspecteur reste tenace malgré des difficultés de toute nature : supérieurs lamentables, corruptions des collègues, trahisons en tous genres, menace d'un tueur à gage contre lequel il s'est battu autrefois... Les descriptions des gangsters dans leurs petits magouilles, leurs coups tordus, renforcent le roman en créant un tourbillon vivant de l'humanité : des gens qui souffrent, qui essayent de s'en sortir en prenant des chemins divers, de l'honnêteté et de la fidélité, y compris envers soi, jusqu'aux pires turpitudes. C'est ainsi que le roman joue sur une figure de style intelligente autour de ces deux personnages centraux : dans une atmosphère de fête, sans cesse retardée, presque de manière ironique, Stuart Neville décrit une descente lente et méticuleuse vers ce qui devrait être l'horreur absolue - avec un final plutôt optimiste et logiquement amené -, une chute de Charybde en Scylla, sur fond de dépression météorologique et humaine. Comme dans l'histoire de Noël, à la fin du massacre des innocents, il y a une étoile qui brille et un espoir qui naît, fugitif et fragile, certes, mais qui mérite que les personnages se soient battus pour lui.

Citation

Vu que je n'ai pas d'étable ni de mangeoire où vous mettre, je vais vous laisser entrer. Dois-je m'attendre à voir débarquer trois rois mages ?

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 25 octobre 2013
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