La Résurrection des poulets rôtis

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dimanche 18 novembre

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Roman - Noir

La Résurrection des poulets rôtis

Énigme - Artistique MAJ lundi 28 octobre 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 7 €

Daniel Pasquereau
Triel-sur-Seine : Lokomodo, juillet 2013
254 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-35900-163-1
Coll. "Zone d'Ombres", 6

Peinture à l'eau, sculpture au beurre

La Résurrection des poulets rôtis fait à la fois référence à un épisode religieux et à une œuvre picturale, et c'est bien sous les auspices de l'art que se déroule l'action du roman de Daniel Pasquereau. Il y a tout d'abord Fred, un peintre qui a des difficultés pour peindre, et traine dans les milieux de l'art. Depuis la disparition de sa belle, il vivote et entretient des relations d'amitié qui s'avèrent parfois ambigües de soutien et de possession avec un éditeur, par ailleurs amateur d'art, et un romancier culte. Au centre du roman, apparait le personnage de Tibor Petak, un artiste fantasque tout droit sorti des Balkans, opposant torturé et grand gourou des concepts. Sa dernière trouvaille ? Des statues en beurre dans de gigantesques frigos qui deviennent éphémères sitôt qu'elles sont sorties de leur réserve et fondent comme les illusions artistiques. Au cours d'un vernissage - que Fred a quitté avant la fin pour répondre aux appels sexuels de Nina, une beauté qui est aussi collectionneuse d'art érotique -, l'ensemble des invités est enfermé dans les entrepôts frigorifiques et y trouve la mort. Tibor Petak, lui, a disparu. Fred s'inquiète : et s'il était le dernier témoin de quelque chose ?
Le roman de Daniel Pasquereau offre quelques pages entre cynisme et noirceur, avec la description d'une amitié qui se brise, avec les détails d'une vie qui se voulait en lien avec l'art et qui ne peut que vivoter dans les marges de la création. Le style essaie de rendre, parfois de manière un peu outrée, ce mélange d'humour noir et de désespoir. L'intrigue, très légère, fluctue au gré de la fuite en avant du personnage central qui accumule les ennuis du début à la fin, avec une constance méritoire. Il y a des détails sur l'art contemporain, des relations humaines, une réflexion sur le quotidien qui détruit, des remarques sur l'art, sur les testaments artistiques, plein de petits détails qui sont des petits ruisseaux sensibles que l'auteur peine à rassembler pour créer un fleuve majestueux entrainant le lecteur. De fait, le roman est à l'image des créations artistiques décrites : elles ont l'air de tenir debout mais elles fondent, laissant des traces appétissantes mais sans une unité dure.

Citation

Je venais de coucher avec la femme d'un écrivain assassiné qui me portait aux nues dans son autobiographie. Fallait-il que je pleure en battant ma coulpe ?

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 24 octobre 2013
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