Connivence avec l'ennemi

Le mot est juste. Une révélation. Il a envie de sauter sur la table et de pousser un grand hourra. Car, décidément, il vient de le vérifier, aucun mystère ne lui résiste !
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dimanche 22 juillet

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Roman - Noir

Connivence avec l'ennemi

Social - Prison - Guerre MAJ vendredi 18 octobre 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Elmore Leonard
Comfort With the Enemy - 2009
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Johanne Le Ray
Paris : Rivages, juin 2012
234 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2364-7
Coll. "Thriller"

Tirez sa révérence avec élégance

Elmore Leonard, qui vient récemment de nous quitter, laisse derrière lui une œuvre abondante. Connu pour ses westerns, dont certains firent de grands succès cinématographiques, il s'inspira aussi de ses contemporains pour écrire quelques romans noirs acérés sur les mœurs et les pratiques d'aujourd'hui . À mi-chemin entre les deux, les aventures de Carl Webster montrent l'univers rural du Sud au début du xxe siècle, un moment qui s'apparente encore aux grands mythes du western avec sa justice sommaire, ses shérifs à la gâchette facile, ses prostituées qui jouent un rôle dans la vie locale, et ses bandits de grand chemin.
Connivence avec l'ennemi s'empare d'un thème rarement développé dans le roman américain, voire même peu connu : le sort fait aux prisonniers de guerre aux États-Unis. Si quelques polars avaient soulevé le problème lié aux Américains d'origine japonaise mais aussi aux Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, le sort des prisonniers allemands avait largement été passé sous silence. Or, pour soulager leurs alliés anglais, les Américains avaient accepté d'installer dans leurs prisons des soldats allemands. Des relations difficiles à l'intérieur du camp : entre gardiens dont certains membres de la famille ou amis combattent en Europe et les prisonniers, entre prisonniers allemands de la Wermacht et détenus nazis qui voudraient que l'on s'évade pour continuer le combat. Des questions également avec les habitants locaux car comment justifier que l'on défende la liberté outre-Atlantique alors qu'on persécute sa propre poulation, en particulier les Afro-Américains ? Elmore Leonard se sert de ce microcosme pour faire sourire avec ses personnages : un gangster juif qui vient d'apprendre que les nazis ne sont pas des plus tendres avec ses coreligionnaires et qui veut envoyer des tueurs tirer à la mitraillette sur les camps de prisonniers, une ancienne prostituée tombée amoureuse d'un officier allemand qui aimerait se faire la belle et, surtout, Carl Webster.
Carl Webster est à l'image du style de Elmore Leonard : cool, décontracté, un regard pointu sur les gens qui l'entourent. À travers une suite de saynètes avec des dialogues incisifs, c'est l'esprit pionnier et frondeur du Sud, de ce mélange entre civilités et rudesses, entre la tradition (accentuée dans ce volet par deux nouvelles qui racontent l'adolescence de Webster et ce décor western) et la modernité qui commence à chambouler les comportements. Même s'il n'atteint pas la densité de certains romans de Elmore Leonard, ce volet des aventures de Carl Webster brille des facettes captivantes d'un auteur qui a marqué à tout jamais le genre, et à juste titre.

Citation

- Ce que je comprends de ta façon de voir les choses, c'est que tu espères que Joe Tanzi dégaine un flingue pour pouvoir l'abattre.
- S'il dégaine, c'est pas ce qu'on est censés faire ?

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 13 octobre 2013
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