Ambulance

Le plus bizarre quand on fait les gestes pour la dernière fois, c'est qu'ils sont pas vraiment différents de ceux qu'on fait tous les jours.
Aurélien Ducoudray & François Ravard - La Faute aux Chinois
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 15 novembre

Contenu

Roman - Noir

Ambulance

Braquage/Cambriolage - Drogue - Terrorisme MAJ lundi 21 octobre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Suso de Toro
Ambulancia - 2002
Traduit de l'espagnol par Georges Tyras
Paris : Rivages, juin 2013
172 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2534-4
Coll. "Thriller"

Entraîné dans la spirale vers le fond

Dès le premier chapitre, qui s'intitule "C'était couru d'avance", le roman de Suso de Toro se met sous le rapport à la chance et à la déveine - à la poisse, comme disait André Héléna. Le titre, Ambulance, y renvoie également en plaçant d'office le texte sous l'égide de la maladie, de la blessure ou de la mort auquel il faudra rajouter l'une des grandes scènes centrales du roman qui se déroulera dans une pharmacie. Rien que du normal puisque le personnage central, Petete, est un petit drogué qui a décidé avec son complice, le Gringalet, de braquer une station service pour avoir un peu de liquide. Mais la malchance commence dès le casse, car non seulement il ne rapporte rien, mais dans le même temps des terroristes font exploser une bombe à proximité ce qui renforce l'agressivité de la police qui est plus que jamais sur les dents. L'écriture du récit va donc se concentrer, majoritairement, sur la dérive dans la ville de Saint-jacques-de-Compostelle devenue hostile de ce desperado à la petite semaine. D'autres personnages : une prostituée, un gangster qui joue les indics pour protéger son commerce, un policier au bout du rouleau jouent des figurants bienvenus.
Peu à peu, la noirceur contamine le récit car rien ne se passe comme il le faudrait. Le pompiste volé meurt d'un coup mal placé ; lors de sa fuite Petete se fait une entorse, et tout le monde le trahit car chacun y trouve son compte. Lorsque la situation semble s'arranger, lors de pauses (un café, une chambre, un petit boulot chez un cousin), le malfrat ne se trouve que sur un faux plat avant de reprendre sa descente. Ambulance (et l'on ne peut que songer au proverbe français qui incite justement à ne pas tirer sur les ambulances) raconte donc, de manière nerveuse, avec un humour discret, et un soin d'entomologiste, la façon dont chaque pas que fait le personnage est l'occasion de s'enferrer encore un peu plus, de s'emmailloter dans les filets qui l'enserrent. Ce genre de récit mérite un traitement court car la chute d'un homme, finalement, n'est qu'une suite rapide de déveines persistantes.

Citation

Le mec, il est là, tranquillou, et hop, il se retrouve dans une ambulance. Toute sens dessus dessous. Le chaos, quoi...

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 11 octobre 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page