Djibouti

Je vais commencer à sévir. À partir de maintenant, tout contrevenant à la loi aura affaire à moi. À la condition, bien sûr, qu'il s'agisse d'un Noir ou d'un petit Blanc fauché qui n'a pas les moyens de payer l'impôt électoral.
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dimanche 22 juillet

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Roman - Noir

Djibouti

Terrorisme MAJ vendredi 11 octobre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Elmore Leonard
Djibouti - 2010
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Johanne Le Ray
Paris : Rivages, février 2013
346 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2449-1
Coll. "Thriller"

Le soleil dissout les idéologies

À un moment donné dans ce roman d'Elmore Leonard, des terroristes d'Al-Quaida se baladent dans une ville, quand le chef demande à son adjoint d'aller abattre un vendeur de glaces sous prétexte qu'il n'est pas question de glaces dans le Coran. L'adjoint fait son boulot et lorsqu'il revient demande pourquoi il s'est servi d'une arme à feu alors qu'il n'y en a pas dans le Coran. Le chef lui répond : "Dieu nous a fourni les armes à feu pour punir les infidèles." Ce petit échange empli d'humour et de mauvaise foi est à l'image de ce roman, une nouvelle réussite d'Elmore Leonard.
Les personnages, dessinés avec soin et qui traversent l'histoire avec une nonchalance reposante malgré les tumultes du monde, répondent à cette mauvaise foi et à cet humour. Se croisent dans le roman un terroriste américain converti qui a du mal à cacher à la fois son homosexualité et sa simple envie de tuer des gens, une documentariste qui veut réaliser un reportage sur les pirates des temps modernes et qui est prête à trafiquer son reportage pour le rendre plus attrayant, des pirates qui parlent de juste vengeance contre les riches qui ont détruit leur terrain de pêche mais qui sont surtout heureux de jouer aux pirates sans trop se fatiguer. L'intrigue en elle-même est des plus simples : un immense bateau chargé de gaz doit se rendre aux États-Unis. À son bord, deux terroristes dont la mission est de de le transformer en bombe flottante qui explosera lorsqu'ils arriveront dans un port américain. Mais ce bateau va être détourné par des pirates qui se disent alors qu'ils pourraient remettre les terroristes aux services secrets. Dans le même temps, la documentariste se met à rêver d'une explosion qui serait du plus bel effet pour son film...
Souvent chez Elmore Leonard, l'action avance par une suite de dialogues brillants, de longues digressions qui placent les éléments, qui décrivent avec soin et qui aident à la compréhension, un peu comme les horizons d'attente des longues discussions des truands chez Quentin Tarantino. Le soleil torride de Djibouti plombe les envies, et tout le monde se hâte avec lenteur, comme si tout cela n'avait pas réellement d'importance, comme si les idéologies n'étaient que des ressorts creux pour donner des explications à l'absurdité du monde, d'un univers qui se vautre, avec une joie profonde, à la mauvaise foi. Le tout avec ce style inimitable de Elmore Leonard qui, sans cesse, fait des clins d'œil malicieux au lecteur, pour lui signaler que vraiment tout cela est bien vain, mis à part le plaisir de regarder le monde se trémousser sur des musiques bruyantes.

Citation

C'était quoi son problème à ce type ? Évidemment qu'il allait le voler.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 11 octobre 2013
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