Deadline à Ouessant

Je n'avais pas tué souvent — mon métier consistait à enfermer les gens, pas à m'ériger en juge et jury — et ceux à qui j'avais pris leur vie, généralement en légitime défense, je les avais liquidés avec une arme quelconque. Je n'avais jamais tué à mains nues, bien qu'en cet instant précis, il n'y eût rien au monde que je désirais davantage.
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mercredi 20 juin

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Roman - Policier

Deadline à Ouessant

Tueur en série MAJ jeudi 10 octobre 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 9,95 €

Stéphane Pajot
Préface de Jean-Luc Manet
Saint-Romain-de-Colbosc : Atelier Mosésu, juin 2013
186 p. ; 19 x 11 cm
ISBN 979-10-92100-04-4

Poulpe fiction

Il est étonnant que le succès d'un certain Gabriel Lecouvreur n'ait pas engendré plus de séries semblables : c'est peut-être parce que la réactivité de la littérature populaire, loin de la grande époque des séries populaires et de la "brigadomanie" est révolue avec la quasi-fin des collections de poche princeps... Pourtant, l'ami Gabriel Lecouvreur a imposé une patte au point de dire d'un roman : "On dirait un Poulpe !" Une forme d'identification au produit plus fiable que les conceptions fumeuses des crânes d'œufs du marketing. Et, divine surprise, Stéphane Pajot est lui-même l'auteur d'un "Poulpe" ! Cependant, dans le cas de figure qui nous préoccupe, le héros s'appelle Luc Mandoline, thanatopracteur à ses moments perdus, et cette série de "L'Embaumeur" se passe des côtés politichiens parfois un peu lourdingues de son aînée fondatrice. Sinon, la trame est la même que dans une aventure de notre octopode préféré : le héros, pour sa quatrième aventure, est attiré dans un coin reculé - ici, la presqu'île d'Ouessant (on s'en serait douté...) -, où à son arrivée il assiste à un affrontement entre deux vieillards, l'un censé être ex-collabo, l'autre ex-résistant. Brève bagarre qui sera fatale à l'un d'entre eux... C'est au bistrot des Copains, dans une ambiance arrosée très Brassens, que L'Embaumeur trouvera des éléments nouveaux ET le repos du guerrier pendant que sévit un tueur en série d'un genre inédit... Le tout avec des références qui, si elles étaient un peu trop appuyées, feraient plonger dangereusement le roman dans la "littérature de quadras"... Point d'ironie facile : si les lecteurs du "Poulpe" seront en terrain connu, Stéphane Pajot a un beau brin de plume, un sens évident de la narration et, surtout, la résolution de son intrigue, bien menée, se base sur un élément qui, à mon humble connaissance, n'a jamais été traité, ni en polar, ni en blanche (il est évident qu'il est hors de question de le déflorer)... Une excellente idée originale qui clôt en beauté ce petit bouquin très agréable qui n'a pas l'ambition de révolutionner le genre, juste celle, démesurée, de faire passer un bon moment. Pari gagné haut la main.

Citation

On devrait toujours enregistrer les voix des gens qu'on aime.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 10 octobre 2013
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