Meurtres à la romaine

Il songea qu'il pourrait se procure une arme pour tirer quelques coups de feu en l'air comme dans les vieux films, mais ils les imaginait pointant leurs flingues sur lui et il se voyait déjà couché dans le même fossé que ce pauvre gars.
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mardi 13 novembre

Contenu

Roman - Policier

Meurtres à la romaine

Trafic - Artistique MAJ vendredi 30 août 2013

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 7,2 €

Colette Veaute & Monique Veaute
Paris : Le Masque, juin 2013
390 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7024-3926-5

Œuvre à dévorer des yeux

Ce n'est sans doute pas un hasard si au milieu de Meurtres à la romaine débarque dans une scène ahurissante le réalisateur italien Federico Fellini qui vient pour expliquer la façon dont il tourne son nouveau film, ce qui enthousiasme les gens qui l'écoutent, visiblement peu surpris qu'il ne soit pas mort et que le film dont il parle soit disponible depuis 1972. Il en sera de même au détour d'une page où l'on croisera l'écrivain aujourd'hui décédé, Hervé Guibert. Le fait d'installer leur intrigue à Rome permet à Colette et Monique Veaute, deux sœurs, de jongler avec les images du baroque qui y sont attachées. Meurtres à la romaine va donc évoquer les enfants perdus qui vivent dans les ruines de la ville antique, les ors de la villa Médicis où le gouvernement français offre des résidences à des artistes, l'art de la bonne chère qui conduit, comme dans La Grande bouffe (le film réalisé par l'Italien Marco Ferreri en 1973), à de bien sombres activités, le tout à l'intérieur d'une histoire où le trafic d'œuvres d'art est organisé par une noblesse italienne en plein déclin.
Meurtres à la romaine débute donc avec la mort mystérieuse d'un enfant retrouvé dans les catacombes avec, à ses côtés, les restes fumants d'un repas mitonné avec soin. Le roman dérive ensuite, avec plus ou moins de bonheur, entre des recettes de cuisine ogresque, des scènes baroques, et des descriptions méticuleuses des personnages dans un ballet tourbillonnant où le lecteur y perd un peu parfois son latin. Le côté fantasmatique se développe jusqu'à des scènes décrites de manière réaliste mais impossibles à envisager sérieusement. C'est ainsi que l'un des personnages se suicide en s'offrant en nourriture et se découpe lui-même en morceaux pour une recette très spéciale de cuisine qu'il propose...
Ce qui peut gêner le plus le lecteur, c'est l'incapacité à suivre un personnage central car en virevoltant d'un policier à un coupable potentiel, puis à des victimes, le roman se perd dans les catacombes qu'il décrit. Comme cette multiplicité de points de vue se conjugue avec une histoire foisonnante, débridée et peu logique, Meurtres à la romaine nous fait entrer dans la danse, nous fait tourner et nous lâche encore virevoltants, encore flageolants, un peu nauséeux et déboussolés.

Citation

Il a été ouvert avec précision et joliment recousu, commenta le Doc le nez sur le ventre du jeune mort.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 18 août 2013
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