Prélèvement obligatoire

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Contenu

Roman - Policier

Prélèvement obligatoire

Huis-clos - Gothique - Médical - Disparition MAJ lundi 12 août 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Laurent Maillard
Paris : Les Contrebandiers, mai 2013
134 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-915438-53-6
Coll. "Petite noire"

Cobaye rebelle

Le roman gothique fait partie des glorieux ancêtres du roman policier et, de temps à autre, resurgissent certains de ses thèmes réactualisés. Prenez par exemple le thème du savant fou, du docteur maléfique organisant des expériences à la limite des sciences et du gore. Autrefois, il allait puiser dans l'électricité des orages les moyens de faire revenir à la vie des cadavres couturés. Aujourd'hui, il dispose du courant, de cliniques privées discrètes, de la puissance des services secrets et, pour ses cobayes, peut fouiller dans les morgues de petits hôpitaux perdus de la France, où personne ne lui cherchera de noises.
Laurent Maillard nous avait offert un premier roman qui mettait en scène une certaine Aurélie, formée en Allemagne, néo-nazie chargée de mener des missions en France. Mais son groupe a explosé et la voilà obligée de se cacher, la police la recherchant. Elle choisit de se planquer au sein d'une petite unité médicale qui "nettoie" les morts des hôpitaux avant de les confier aux services funéraires. À peine a-t-elle pris son poste qu'elle se rend compte qu'elle est dans une atmosphère gothique avec ses portes secrètes, ses personnages sombres et tortueux, ses couloirs de nuit où suintent le désespoir et la violence, bref tout le clinquant ténébreux d'un système où risque à tout moment d'apparaitre Boris Karloff et Bela Lugosi. Elle découvre rapidement qu'elle remplace une femme qui a disparu dans des circonstances mystérieuses, et décide de mener son enquête.
Là où le roman gothique classique nous aurait présenté une jeune femme (en robe de nuit quasi transparente) tremblante, Laurent Maillard nous envoie une dégourdie, rangers aux pieds et pistolet au poing, décidant de faire le ménage. Une enquête difficile car elle se trouve confrontée à forte partie et obligée de se déplacer tout en risquant d'être aperçue par les forces de police. Mené par un style économe et efficace, nerveux, centré autour d'un personnage qui ne ménage pas sa peine, Prélèvement obligatoire montre, au forceps, comment des thèmes anciens peuvent être réaménagés, revisités et toujours fonctionner avec vigueur. Suspense, stupeur et tremblements garantis.

Citation

Au mieux, j'en ramènerai un dans un coma stade 4, c'est-à-dire à l'état de légume. Ce qui, je ne vous le cache pas, serait une avancée extraordinaire.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 11 août 2013
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