Faux départ

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Roman - Noir

Faux départ

Sportif - Road Movie - Drogue MAJ vendredi 23 août 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 13 €

Dominique Delahaye
Bernard Hébert (illustrateur)
Le Havre : Havre de Grâce, octobre 2007
132 p. ; illustrations en noir & blanc ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2952534969
Coll. "Le Havre En Noir Aux 4 Saisons"

Une vie peut en cacher une autre

Une gare c'est l'endroit des arrivées et des départs, surtout des départs, de ces nouvelles vies qui vont commencer, de ces destins qui se mettent en place. Du moins, c'est ainsi qu'on la conçoit habituellement, mais comme l'indique le titre de ce roman de Dominique Delahaye - ponctué de photos en noir et blanc du Havre qui répondent de manière intelligente au texte et à sa thématique -, c'est parfois l'inverse. C'est surtout la vision de rails parallèles qui, par définition, ne se touchent jamais... S'ils se touchent, le train déraille. C'est un peu cette parabole que dessine le court roman, mené de main de maître avec les destins de gens censés être sur leur trajectoire particulière et qui vont finalement se rejoindre pour que la vie de tous puisse ainsi dérailler. Par chapitres juxtaposés, avec un sens du récit intelligent, Dominique Delahaye montre comment en une matinée les vies de ces différents personnages vont se retrouver sur le quai de la gare et ce que leurs interactions va provoquer. Il y a un policier, déguisé en clochard pour infiltrer des réseaux criminels et surveiller la gare (mais est-ce vrai ?), un jeune policier alsacien qui fait ses preuves avant de retourner à Strasbourg, un autre policier à quelques jours de la retraite et qui veut ne pas faire de vagues, un agent SNCF qui aimerait juste quelques jours de congés pour aller à un concours de danse, une autre danseuse qui fait les ménages, satisfaite de son sort, une autre femme de ménage qui arrondit ses fins de mois de manière illégale, et un jeune couple qui cherche sa voie. Tout ce petit monde a des rêves, des rêves simples, que le style de l'auteur restitue avec finesse et empathie, des envies que le roman classique aurait pu combler mais sans le savoir les personnages sont dans un roman noir et ma foi dans un texte de ce genre, les parallèles se rejoignent pour exercer des frictions, des accrochages, des chutes. N'y-a-t-il pas une théorie qui prétend que les parallèles sont des droites qui se rejoignent à l'infini ? Et l'infini, c'est aussi le quai d'une gare d'où l'on peut partir et changer sa vie.

Citation

Un jour ou l'autre tu vas faire une connerie et je ne veux pas que nous, on soit mêlés à tout ça.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 11 août 2013
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