Le Camée anglais

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lundi 22 octobre

Contenu

Roman - Policier

Le Camée anglais

Historique - Assassinat - Corruption MAJ vendredi 16 août 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 9 €

Madhulika Liddle
The Englishman's Cameo - 2008
Traduit de l'anglais (Inde) par Mélanie Basnel
Arles : Philippe Picquier, mai 2013
416 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-8097-0917-9
Coll. "L'Asie en noir"

Au cœur de la société moghol

Sous le règne de l'empereur Shah Jahan, le constructeur du Taj Mahal d'Agra, la société moghol est en déclin. La corruption est générale. C'est ce contexte que Madhulika Liddle retient pour placer l'intrigue de son roman, un roman dépaysant à souhait.

C'est en rentrant chez lui, après avoir assisté, en compagnie de Salim le batelier, à un combat d'éléphants, que Muzaffar Jang apprend l'arrestation de son ami Faisal pour avoir poignardé Murad Begh, un collecteur d'impôts. Ce dernier l'accusait du vol d'un bijou de grande valeur.
Au Kotwali, dont le responsable n'est autre que le beau-frère de Muzaffar, il entend les explications de Faisal. Il se rend compte que Yusuf, le policier chargé de l'enquête, est persuadé de la culpabilité de son ami.
Il commence alors ses recherches, use de son statut de noble, pour ouvrir des portes. Ainsi, il apprend que le bijou volé n'avait pas fait l'objet d'autant de surveillance que le déclare l'eunuque au service de Murad, que ce dernier était ruiné et, sauf miracle, finirait mendiant.
Un médecin trouve dans la bouche du mort les restes d'un paan empoisonné.
Muzaffar conclue que l'homme a été poignardé et empoisonné avec du bachnag. Il sortait alors de chez Mehtab Banu, une courtisane célèbre. Pendant qu'il est avec Salim, qui sait où loge Mehtab, une première flèche le frôle, une seconde atteint l'épaule. Il tombe dans le fleuve, s'assomme en essayant de remonter.
Malgré sa blessure, il continue ses investigations. Pendant sa conversation avec Mehtab, elle prépare un paan en réunissant les ingrédients qu'elle sort du paandaan dont elle garde la clé sur elle. Il repart déçu, pendant que la courtisane grignote le paan qu'elle lui avait préparé, mais qu'il a refusé.
De retour dans sa demeure, il est convoqué par son beau-frère. Au Kotwali, un homme l'accuse de meurtre. Mehtab a été empoisonnée...

Madhulika Liddle a écrit de nombreuses nouvelles dans des genres différents. Le Camée anglais est son premier roman. Elle a retenu comme cadre, une période charnière de l'ancien empire moghol, des Perses qui avaient pratiquement conquis le territoire de l'Inde que l'on connait aujourd'hui.
Elle prend pour héros, un personnage atypique, considéré comme un marginal dans la société huppée de l'époque. On dit de lui qu'il "s'intéresse plus à ses livres et à ses oiseaux qu'à ce qui compte vraiment : les bijoux, les beaux vêtements, les pur-sang arabes, les belles esclaves, les beaux-jeunes hommes". De plus, ce nobliau dont les revenus l'obligent à mener un train de vie modeste, pour son rang, compte parmi ses amis des ouvriers, des gens de basse condition. Mais, l'auteur sait le rendre emphatique et on ne résiste pas à prendre son parti dans les nombreuses péripéties, à trembler pour lui dans les actions musclées où il se trouve entraîné.

Sa première enquête l'amène à élucider trois meurtres qui trouvent leurs mobiles dans le climat de déliquescence où baigne la société de cette époque. L'auteur tisse, d'une belle manière, une intrigue nourrie de multiples desseins, multiplie les effets de la corruption, les trahisons, meurtres et manigances.

Elle fait une description minutieuse de cette période, explicitant le quotidien des différentes couches sociales, donne un éclairage passionnant sur une civilisation encore peu connue grâce à une galerie fort développée d'intervenants.

Le Camée anglais est une excellente surprise, pour la finesse de son récit, la rouerie de son intrigue et la richesse descriptive de cette société. C'est un nouvel univers à découvrir car elle a entraîné son héros dans deux nouvelles enquêtes… qui restent à traduire.

Citation

Les goûts extravagants de Ma'abadaulat - la construction du Taj Mahal à Arga, du fort à Dilli, les bijoux, les tapis de soie, les chevaux de race et les éléphants - n'avaient fait qu'appauvrir une trésorerie déjà écrasée sous le fardeau d'un système économique en échec. L'empereur, après une vie d'excès passée entre les bras des femmes et les vapeurs d'opium, se mourrait.

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 01 août 2013
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