Les Anagrammes de Varsovie

Nos journées à Haeden se déroulaient dans une sorte de stupeur, d'inconscience somnolente, alors que la panique nous gagnait et que nous restions sourds à notre peur la plus enfouie, même si elle était là, intacte, tapie dans les hautes herbes, à attendre.
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samedi 18 novembre

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Roman - Policier

Les Anagrammes de Varsovie

Historique - Énigme - Assassinat MAJ lundi 08 juillet 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Richard Zimler
The Warsaw Anagrams - 2008
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Sophie Bastide-Foltz
Paris : Buchet Chastel, janvier 2013
348 p. ;
ISBN 978-2-283-02538-3
Coll. "Romans policiers"

Au cœur du ghetto

Le ghetto de Varsovie, comme tous les ghettos, est synonyme d'entassement de populations dans des conditions précaires d'existence et de tous les bouleversements qui peuvent en découler. C'est ce cadre qu'a retenu Richard Zimler pour placer une histoire dans l'Histoire, une fiction où il transpose nombre de faits rapportés par les témoignages de survivants.

Erik Benjamin Cohen est psychiatre. Comme tous les juifs, il doit quitter son logement de Varsovie pour habiter, dans une zone limitée à quelques hectares, avec Stefa, sa nièce, et Adam, son petit-neveu de neuf ans.
Éloigné de sa fille, qui est à l'étranger, il se prend d'affection pour le garçon. Quand on lui ramène son corps nu, amputé au-dessous du genou droit, il surmonte son chagrin pour retrouver les coupables. Il découvre que l'enfant utilisait des passages pour faire de la contrebande et qu'on lui a menti en affirmant que la mort d'Adam était la première du genre. Une fillette a déjà été retrouvée dans des conditions semblables, il y a trois semaines. Peu à peu, il s'infiltre dans les réseaux. Mais le danger est aussi présent à l'intérieur, avec les trafiquants de toutes natures, qu'à l'extérieur où l'armée allemande veille à boucler le ghetto.

Avec, en toile de fond, un ghetto restitué en partie avec les nombreux témoignages des occupants, puis des survivants, Richard Zimler tisse une intrigue intéressante. Il mêle, avec une pointe de fantastique, une enquête dans les milieux interlopes que toute société humaine réussie à générer, même dans les conditions les plus extrêmes, des relations émotionnelles, la découverte, puis la révélation des capacités insoupçonnées des individus.

Il crée une galerie de personnages typés, représentative d'une communauté tentant de reconstruire ses traditions, son mode de vie. Il détaille les rapports entre les individus selon leur statut, selon leur évolution, selon leur capacité à s'accommoder, à développer des traits de caractère innés que les circonstances contribuent à faire éclore.

La reconstitution de l'atmosphère qui régnait dans cette enclave, avec la disette, les maladies qu'engendre la pénurie, les trésors d'ingéniosité déployés pour utiliser au mieux le peu disponible, est fort bien rendue. Aussi, la couverture illustrée avec un enfant et un papy bien grassouillets n'est guère représentative du contenu du roman.

Les Anagrammes de Varsovie, ce roman au titre mystérieux, se découvre avec intérêt pour son singulier héros et pour la reconstitution d'une situation terrible qui, continue, hélas, à être reproduite pour d'autres peuples, dans d'autres lieux.

Citation

Apprendre cette liste par cœur se révéla plus difficile que je l'imaginais ; je n'arrêtais pas de penser au plaisir qu'aurait eu Adam à s'atteler à ce travail d'agent secret [...] que l'évidence m'apparut : mon neveu était entré dans ce milieu bien avant moi.

Rédacteur: Serge Perraud mardi 25 juin 2013
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