Cauchemar dans la rue

Alan Coulter ne sortait presque plus du commissariat ; on aurait cru que c'était lui, le criminel. On lui posait des questions, on l'interrogeait. Tout le monde. Tous les échelons de sa propre hiérarchie, plus n'importe qui avec une épaulette et une envie de fourrer son nez dans cette histoire.
Chris Dolan - Une femme infréquentable
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 16 septembre

Contenu

Bande dessinée - Noir

Cauchemar dans la rue

Social - Vengeance - Urbain - Trafic MAJ mardi 18 juin 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

David Sala (scénario & dessin)
Scénario adapté de l'œuvre de Robin Cook
Nightmare In The Street - 2013
Traduit de l'anglais par Jean-Paul Gratias
Paris : Casterman, juin 2013
100 p. ; illustrations en couleur ; 26 x 19 cm
ISBN 978-2-203-04641-2
Coll. "Rivages/Casterman/noir"

Actualités

  • 29/08 Prix littéraire: Sélections 2013 des Prix Interpol'Art
    Le festival Interpol'Art, qui se tiendra à Reims du 11 au 13 octobre avec pour invités d'honneur Dominique Manotti et Jacques Ferrandez (qui a signé dernièrement une très jolie adaptation BD de L'Étranger, d'Albert Camus), a délivré ses sélections dans les catégories "Roman" et "BD".
    Notons que le Cercle de lecture Laon Zola, créé il y a deux ans, est plus particulièrement associé au Prix Interpol'Art "Roman", et qu'il lui incombe la lourde tâche de sélectionner quatre des six romans finalistes. De plus, l'un de ses membres fait d'office partie du jury du prix jury. Le Cercle de lecture Laon Zola, est un club policier qui se réunit le troisième jeudi de chaque mois à la médiathèque Laon-Zola entre 19 heures et 21 heures. Chaque séance est thématique, selon les desiderata des membres et de l'animateur. Parfois, des auteurs sont conviés à y participer.
    Si les lauréats ne seront connus que le samedi 12 octobre avec table-ronde à la clé au Domaine des Comte de Champagne, le jury se réunira fin septembre afin de statuer. En attendant, voici donc les sélectionnés :

    Prix Interpol'Art "Roman" :
    - La Ville des serpents d'eau, de Brigitte Aubert (Le Seuil, "Policier") ;
    - La Sibylle et le marquis, de Nicolas Bouchard (Belfond, "Littérature française") ;
    - Ne lâche pas ma main !, de Michel Bussi (Presses de la Cité, "Domaine français") ;
    - Cherche jeunes filles à croquer, de Françoise Guérin (Le Masque, "Grands formats") ;
    - Atom[ka], de Franck Thilliez (Fleuve noir, "Thriller") ;
    - Le Dernier Lapon, d'Olivier Truc (Métailié, "Noir").

    Prix Interpol'Art "BD" :
    - Brune Platine t. 1 : "Mon sang est plus noir que le vôtre", de L. Mandel & M. Mousse (KSTR) ;
    - Silas Corey t. 1 & 2, de P. Alary & F. Nury (Glénat, "Caractère") ;
    - La Colère de Fantomas t. 1 : "Les Bois de justice", de J. Rocheleau & O. Bocquet (Dargaud) ;
    - Cauchemar dans la rue, de D. Sala & R. Cook (Casterman, "Rivages/Casterman/Noir") ;
    - Crève saucisse, de P. Rabaté & S. Hureau (Futuropolis) ;
    - Un léger bruit dans le moteur, de J. Munoz, Gaet's & J.-L. Luciani (Physalis).


    Liens : La Ville des serpents d'eau |La Sibylle et le marquis |Ne lâche pas ma main |Cherche jeunes filles à croquer |Atom[ka] |Le Dernier Lapon |Un léger bruit dans le moteur |La Colère de Fantomas, 1. Les Bois de justice |Brigitte Aubert |Nicolas Bouchard |Michel Bussi |Françoise Guérin |Franck Thilliez |Olivier Truc |Fabien Nury |Olivier Bocquet |Jonathan Munoz | Gaet's |Jean-Luc Luciani |Julie Rocheleau |Interpol'art

Vision honni-rique

David Sala fait étalage de toute sa palette de dessinateur pour adapter Cauchemar dans la rue, de Robin Cook, passant alternativement de l'aspect gravure à celui plus photographique, sans omettre une tonalité pastel qui tranche avec des pages rouge sang pour mieux visualiser la violence, la vengeance avortée et la déchéance. Toute cette bande dessinée repose sur ce combat perpétuel entre l'onirisme et le cauchemar. Et pourtant, c'est à une réalité bien crue que nous avait convié le romancier anglais. L'histoire est simple : deux amis à la vie, à la mort. L'un flic, l'autre voyou. Au milieu, une ancienne prostituée, sortie du calvaire où elle avait été plongée (on peut plonger dans ce calvaire-ci), et qui est tombée amoureuse du flic. Ce flic pour qui depuis le monde est amour, mais qui est bien trop violent pour plaire à sa hiérarchie. Kléber se retrouve sur le carreau, mais n'en accepte pas moins d'aider son ami Marc lors d'un échange de fonds. L'histoire ne tarde pas à baigner dans le sang, celui de trois braqueurs qui entendaient faire main basse sur le fric. Sans se l'expliquer, Marc et Kléber laissent filer le chef. C'est le détonateur d'une plongée dans les abymes de la souffrance pour Kléber. S'il rentre retrouver sa femme, Elenya, pour une soirée anniversaire pleine de passion, il se réveillera incrédule au son de sa voiture qui explose, Elenya au volant. Tout le désespoir d'un homme est alors décortiqué par David Sala. Il décline les sombres turpitudes d'un être, esseulé, qui veut se venger mais se retrouve pris au piège par sa trop profonde tristesse. Il veut du sang, mais il ne trouve que de l'alcool. Le dessinateur s'offre à chaque page quasiment une technique et une approche différentes. La rupture est omniprésente. La violence ne fait pas défaut. L'univers urbain de Robin Cook avec ses passants déshumanisés est habilement mis en relief. Le texte est tiré au cordeau, il va à l'essentiel, il n'habille pas le dessin, il s'en démarque. Au point que d'ailleurs il est absent pendant quelques pages où la violence visualisée se suffit à elle-même. Bande dessinée où texte graphique, c'est selon, l'objet ne plaira pas à tout le monde, mais tout le monde s'accordera sur le talent indéniable de David Sala.

Illustration intérieure


Citation

Apparemment la seule façon pour lui de comprendre l'existence, c'était de plonger le regard dans l'abîme qu'il longeait constamment. Il était trois heures moins le quart en ce matin du 10 octobre, le jour de son anniversaire. Il allait rentrer chez lui retrouver enfin sa femme... Et tourner le dos à ces trois morts qu'il laissait derrière lui.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 21 octobre 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page