Texas Forever

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mardi 17 juillet

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Roman - Western

Texas Forever

Historique - Prison - Guerre MAJ mercredi 19 juin 2013

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

James Lee Burke
Two For Texas - 1989
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Deparis
Paris : Rivages, mai 2013
240 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-7436-2533-7
Coll. "Littérature étrangère"

Deux as au Texas

Paco Ignacio Taibo II a déclaré le 26 septembre 2011 qu'il voulait écrire le grand roman mexicain sur la révolution texane, et étaler au grand jour la face sombre de ce fucking bastard de Davy Crockett. Pour l'heure, les éditions Rivages nous proposent le roman sur l'indépendance du Texas écrit en 1989 par l'Américain James Lee Burke. Mais l'auteur se garde bien de faire plus qu'évoquer les figures tutélaires de Davy Crockett, Sam Houston et Santa-Anna. Il se focalise sur ses deux héros ordinaires que sont Son Holland et Hugh Allison, deux forçats évadés d'un camp pénitentiaire français "situé sur une vasière d'un large méandre du Mississippi" au nord de Baton Rouge, poursuivis par le frère d'un gardien qu'ils ont tué avant de s'évader, contraints de traverser des contrées inhospitalières, et qui ont fini par s'enrôler dans l'armée texane pour y gagner l'impunité à défaut de l'immunité, et un lopin de terre. S'ils ne participeront pas aux côtés de Davy Crockett à la défaite de Fort Alamo, ils seront de la bataille finale qui verra le dictateur Santa-Anna tomber aux mains du général texan Sam Houston.

Cette épopée de 240 pages qui parle des atrocités de la guerre - de part et d'autres - est surtout le témoignage ethnologique et historique (bien que romancé) de deux témoins d'une période charnière. Celle où la Louisiane est encore française. Où les soldats tirent au mousquet à un coup et doivent recharger lentement mais prestement. Celle où le Colt fait sa première apparition. Celle où les Indiens bien que poursuivis sont compris par le biais de l'intégration de nos deux aventuriers à une modeste communauté indienne. Mais Texas Forever - le titre français tire son nom du formulaire d'engagement imprimé en ces termes : "Nous jurons de nous rallier au drapeau contre l'usurpateur du Sud et contre tous ceux qui bafoueront les droits des hommes libres. Avec notre courage et notre foi en Dieu, nous nous battrons jusqu'à ce que ceux qui violent nos maisons et nos terres soient chassés à jamais du sol de notre République. L'abnégation avec laquelle nous servirons notre cause sera la preuve de sa justesse. Notre liberté et celle de notre pays demeureront, ou nous périront en les défendant" - est bien plus qu'une œuvre de fiction historique sur une période glorieuse qui vit naitre les fameux Texas Rangers, c'est avant tout l'histoire d'une amitié improbable entre deux bagnards en fuite, alliés de circonstances, et qui finissent par être inséparables dans la joie et la douleur. La famille de Son Holland a été massacrée par les indiens. Plus tard, devenu adolescent, il a été injustement accusé d'un délit et condamné alors qu'il se trouvait en ville, dormant à la belle étoile, ne parlant pas un traitre mot de français pour se défendre. Il est jeune et insouciant avec les nerfs à vif. Aux côtés de Hugh Allison, il va apprendre le métier. Perdre son regard naïf sur les choses. Affronter les réalités de la vie,et tomber amoureux de Sana, une Indienne achetée avec un tipi et de la nourriture contre deux chevaux volés à l'armée américaine.

240 pages pour survoler un pan de l'histoire américaine, c'est peu, mais avec James Lee Burke, le dépaysement est total, le romanesque prend son envol, les personnages sont criants de vérité, et le plaisir de lecture est immense.

Citation

Le jour même où Son Holland arriva au camp pénitentiaire, menotté, à l'arrière d'un chariot tiré par des mulets, en compagnie de sept autres prisonniers, il sut qu'il finirait par s'évader, qu'il mourrait avant d'avoir passé dix ans dans un marais fumant, sous les pistolets et les fouets de Français impaludés qui avaient du sang noir dans les veines et un cœur dégénéré et corrompu.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 17 juin 2013
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