Luther : l'alerte

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lundi 15 octobre

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Roman - Thriller

Luther : l'alerte

Tueur en série MAJ vendredi 14 juin 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,5 €

Neil Cross
Luther: The Calling - 2011
Traduit de l'anglais par Renaud Morin
Paris : Belfond, avril 2013
23 x 14 cm
ISBN 978-2-7144-5301-3
Coll. "Noir"

Tueur en série eugéniste

Sur le fil du rasoir, c'est l'expression qui pourrait le mieux qualifier la vie de l'inspecteur Luther. En effet, il a une femme qu'il délaisse et qui lui pose des ultimatums qu'il ne comprend pas, une enquête qui n'avance pas et qui l'oblige à passer outre la loi pour tenter de résoudre l'énigme qu'elle pose, et des menaces en tout genre auxquelles il ne peut parfois répondre que par la violence ou l'illégalité. Mais c'est aussi l'expression qui pourrait coller à celui qu'il poursuit, un homme désespéré, voulant à tout prix une vie normale, et qui a kidnappé il y a longtemps déjà un enfant qu'il a façonné à son image. Il refait étrangement surface avec un désir naturel de bébé, sauf qu'il est prêt à tout pour l'obtenir, y compris aller le chercher lui-même dans le ventre d'une mère après avoir tué sauvagement le couple...
Le roman se construit ainsi sur une suite de scènes qui sont autant de flashs de violence. À la violence humaine répond la violence animale dans tous les sens du terme. Dans cet exercice littéraire Luther se retrouve confronté à des truands qui font peur à un vieil homme en tuant son chien aussi policier répond-il comme en écho en menaçant de jeter un chien par la fenêtre pour obtenir une réponse. Le tueur, serial killer eugéniste, est un vétérinaire chargé de dresser des pit-bulls au combat pour des matchs clandestins, et le lecteur ne pourra manquer d'assister en direct au massacre d'une famille.
La narration serre au plus près les personnages, rend avec vitalité leurs folies intérieures, leurs prises de risque insensées, présentés de l'intérieur comme éminemment logiques. Neil Cross dépeint avec force un jeune kidnappé, devenu faible psychologiquement, souffre-douleur de son kidnappeur depuis des années et qui, au cours d'une opération sanglante, revient à la raison.
Les décors participent de cet état d'esprit : usines délabrées, grande maison abandonnée qui sert de chenil, maisons qui n'attendent que la démolition pour de nouveaux projets immobiliers, froideur du foyer où Luther et son épouse se croisent, échangent des banalités, évitent les sujets tendus. Le seul montant où Luther demande une chose sérieuse à sa femme, c'est de mentir à l'inspecteur des affaires internes qui va venir la voir. Les seuls moments que l'on croit de paix sont ceux où l'on dort - et là, le tueur vient vous épier et vous filmer...
À cet égard, au centre de l'intrigue, après des déluges de violence, Neil Cross nous installe dans la préparation d'un repas de famille. Longue plage de calme qui débouchera bien entendu sur un mouvement sanglant, à l'image de ce roman jouant sur les nerfs et la tension, sans jamais laisser de repos, comme une longue descente aux enfers, sans retour ni oxygène.

Citation

Cet homme est pareil que le chien. Il a les mêmes taches de salive autour de sa bouche, la même rage idiote dans le regard.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 14 juin 2013
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