Boulevard... ossements

La thématique de la débauche était présente dans les trois affaires : activité sexuelle des protagonistes (pourquoi celle des retraités évoquait-elle des images moins agréables que celle des jeunes ?) et objets : tableaux , lits défaits, etc.
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samedi 21 octobre

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Bande dessinée - Policier

Boulevard... ossements

Hard boiled - Braquage/Cambriolage - Assassinat MAJ mercredi 15 mai 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Nicolas Barral (scénario & dessin)
Scénario adapté de l'œuvre de Léo Malet
Philippe de la Fuente (coloriste)
Paris : Casterman, mai 2013
88 p. ; illustrations en noir & blanc ; 32 x 24 cm
ISBN 978-2-203-05881-1

Diamants sur ossateure

Nestor Burma est devenu à Jacques Tardi ce que Nestor Burma est à Léo Malet. Mais Tardi par manque de temps ou par envie de se démarquer s'est éloigné du détective de chic et de choc à la pipe aussi facile que l'occiput est réceptif à la moindre matraque. Alors, il a laissé la plume à Emmanuel Moynot pour trois bandes dessinées : La Nuit de Saint-Germain-des-Près (2005), Le Soleil naît derrière le Louvre (2007) et L'Envahissant cadavre de la plaine Monceau (2009). Quatre longues années plus tard, c'est maintenant Nicolas Barral qui reprend le flambeau "d'après l'univers graphique de Tardi". Autant dire qu'il n'a que très peu de marge de manœuvre dans cette enquête qui mène dans le 9e arrondissement parisien, et pourtant...

L'intrigue va aller puiser dans l'Histoire. La russe plus particulièrement avec un fait de guerre pendant la révolution de 1917, et l'exode des Russes blancs jusqu'à Paris. Une intrigue qui pousse jusqu'aux Grands Boulevards, et n'hésite pas à frapper à la porte de diamantaires guère scrupuleux, à s'asseoir à la table d'un restaurant chinois prisé, et à assister à des défilés de mode. Et c'est justement la mode qui offre une rupture dans le récit imagé de Nicolas Barral car pendant une bonne partie de la bande dessinée, Nestor cède l'enquête à Hélène, sa secrétaire, qui s'approprie le "je" narratif. À vrai dire, on s'en doutait dès le début qu'elle prendrait certaines libertés. Car dès les premières pages, elle ne se contente pas d'être impertinente et caustique avec son patron. Elle lui explique que s'il se fourre dans de mauvaises histoires, c'est des coups encore plus mauvais qu'il va se prendre sur la calebasse. Nestor et son envie de contradiction auront beau faire, ce sera peine perdue. Pendant ce temps, Nicolas Barral prend un soin tout particulier à dessiner ses immeubles haussmanniens, et multiplie les tronches patibulaires - certains comme ce jardinier russe sont plus près d'un "Adèle Blanc-Sec" que d'un "Léo Malet par Tardi" mais se fondent tout aussi bien dans le paysage.

L'enquête est alambiquée comme toutes celles dignes de nom que l'on s'apprête à proposer à un détective désœuvré qui doit donner son salaire à une belle secrétaire et payer son loyer à la fin du mois. Un homme, diamantaire de son état, vient demander l'aide de Burma pour un ami dont le fils fraye avec une Russe. Il accepte sans rechigner de payer (presque) rubis sur ongle les deux cent mille francs que nécessite le travail de Burma (nous sommes après la Seconde Guerre mondiale, et si c'est une jolie somme elle n'est pas non plus extravagante, mais elle permet à Burma de se dire qu'il y a diamant sous charbon dans cette histoire). Seule piste valable et valide : celle d'un restaurant chinois. La suite est tout aussi chaotique qu'à l'habitude surtout que, comme dit au début, Hélène prend le relais, et offre un final retentissant tout en meurtre diabolique et psychologique dû à Nestor et Hélène. Nicolas Barral offre une jolie et fidèle adaptation dans l'esprit à la fois à Jacques Tardi et à Léo Male : une sacrée gageure !

Illustration intérieure


Citation

J'ai passé la nuit au bureau à ressasser les éléments de l'affaire. Au matin, les enjeux m'échappaient toujours. Je m'attendais à ce que ma secrétaire me donne signe de vie. Des clous. Ces salariés, c'est tous les mêmes. Celles avec une combinaison mauve, c'est les pires.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 15 mai 2013
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