Lasser : mariage à l'égyptienne

En plus, il ne m'aime pas. Ou plutôt, il n'aime pas ma librairie : je vends des BD, je ne suis pas bibliophile, moi !
Pascal Hérault - Le Livre des ténèbres
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 21 novembre

Contenu

Roman - Noir

Lasser : mariage à l'égyptienne

Hard boiled - Ésotérique - Disparition MAJ mardi 07 mai 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Philippe Ward & Sylvie Miller
Rennes : Critic, mars 2013
306 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 979-10-90648-06-7
Coll. "Fantasy"

Disparition divine

Au départ, il y a l'archétype dessiné par Dashiell Hammett et Raymond Chandler : un détective dur à cuire, finalement un peu sentimental, avec des femmes fatales qui gravitent autour, des vilains et des magouilles pour s'immiscer. Par la suite, les auteurs s'incluent dans ce moule et offrent des variations. C'est ainsi que le privé devient au choix : nain, homosexuel, manchot, un type sans nom... Le genre entre même dans la fusion des genres populaires lorsque Effinger lance un privé doté de connexions informatiques dans le cerveau et qui vit dans une sorte de califat du futur. L'année dernière déjà, Sylvie Miller et Philippe Ward nous avaient embarqué dans un roman-recueil de nouvelles mettant en scène leur version alternative et sympathique du privé, Lasser : un privé dans le Nil. Jean-Philippe Lasser a fui la Gaule dans les années 1930 pour s'échouer en Égypte, où il est devenu le détective des dieux. En effet, les dieux sont des humains aux supra-pouvoirs (un peu comme dans les bandes dessinées de Enki Bilal), et ils règnent sur une sorte de mélange harmonieux entre l'Antiquité que nous connaissons et quelques avancées technologiques - de superbes voitures profilées, des parcs d'attraction ou, sommet de la modernité, des paparazzi.

Le lecteur attendait au tournant les auteurs dans ce volet qui confronte les intrigues policières et fantasy à la longueur du roman tout en mélangeant allégrement les mythes (mariage de dieux, descente et surtout remontée des Enfers) au rythme trépidant d'une enquête. Le principe est simple : une des plus vieilles légendes des Grecs explique l'alternance des saisons par le fait que la déesse de la Nature passe six mois chez son époux aux Enfers et six mois chez son père à l'air libre. Cela induit donc que le dieu des Enfers se retrouve célibataire six mois par an ce qui complique sa libido. Aussi, lorsqu'il vient aux réceptions qui précédent le mariage qui devrait sceller des alliances entre les dieux égyptiens et grecs, il louche de convoitise sur la future mariée. Quelques jours après, la fiancée disparait ce qui provoque des remous diplomatiques : certains dieux, plus conservateurs, sont montrés du doigt et Lasser est engagé pour retrouver la fiancée dont on ne sait si elle est partie de son plein gré ou a été kidnappée... On adjoint Médée à Lasser, une détective grecque qui, ma foi, est bien jolie. Des péripéties souvent drôles, de multiples clins d'œil, un rythme enlevé sur des décors de péplums et des virées en longue décapotable de luxe dans les déserts (un mélange d'élégance et de nonchalance) qui alternent avec des visites des arrières des temples, une fête foraine ou une discussion avec Charon sur sa barque, tout concourt pour ne jamais laisser faiblir l'intérêt du lecteur. Le roman se clos rapidement, et nous laisse juste attendre avec impatience une nouvelle aventure de ce détective aux clients peu communs !

Citation

Cette enquête ne me disait rien qui vaille. J'allais me trouver en plein milieu d'une tribu de dieux agressifs, capables de me vaporiser à tout instant.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 06 mai 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page