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Essai - Policier

Histoire véridique de 813, association des amis de la littérature policière

Enquête littéraire MAJ lundi 06 mai 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Public connaisseur

Prix: 10 €

Jean-Louis Touchant
Orthez : Arsène, novembre 2012
104 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-911576-17-1

Itinéraire noir

Histoire véridique de 813, association des amis de la littérature policière : c'est un titre un peu exagéré pour le témoignage de Jean-Louis Touchant, adhérent de la première heure, et qui a grimpé les échelons, du bureau à la vice-présidence, pour se hisser à sa présidence, qu'il tiendra de 1998 à 2007 avant de laisser le flambeau à Hervé Delouche, et d'être nommé président d'honneur. Pourquoi exagéré ? Parce qu'à l'instar du reproche justifié qu'il fait en ces pages à Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret d'appeler un guide de chez Larousse Le Polar au détriment de Notre polar (avec un différend sur l'absence d'auteurs des éditions Rivages), Jean-Louis Touchant expose exclusivement sa vision d'une association qu'il a côtoyé certes de l'intérieur.

La mémoire est sélective, mais ne semble pas le perturber. Les faits sont énoncés d'un "nous" singulier qui, de temps en temps, prend ses distances du narrateur, mais souvent se rapporte à lui. Déstabilisant parfois car l'on ne sait trop si l'on doit se fier ou pas à ce qui est dit. Ce qui est sûr, c'est que Jean-Louis Touchant a pris des notes, s'est replongé dans les lettres adressées aux adhérents, a relu de nombreux exemplaires de la revue 813. Dans ce témoignage de cent pages qui se lit d'une traite et qui évite le piège de la répétition systématique assemblée générale-revue-trophées, bien qu'il en épouse les formes, Jean-Louis Touchant relate l'histoire d'une association de sa genèse à la fin de sa présidence (point troublant puisque Hervé Delouche assure et assume une présidence qui a déjà six ans d'âge et qui a vu l'association continuer d'évoluer dans le bon sens).

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les débuts de l'association sont à la fois en fanfare et bon enfant avec le lancement d'un premier festival du genre à Reims, et des auteurs de prestige invités de Donald Westlake à Robin Cook en passant par Robert Bloch. Il y a ensuite la création d'un bulletin, puis l'ouverture d'une bibliothèque spécialisée à Paris. Tout ça sous la présidence d'Alain Demouzon puis de Pierre Lebedel, et de toute une clique qui se réunissait un peu partout dans Paris mais surtout Au troisième œil, première librairie là aussi du genre tenue par un libraire promis à un étrange avenir, François Guérif. Et puis l'histoire s'enraye car la littérature policière est engagée - plutôt ancrée à gauche, l'auriez-vous deviné ? Des rivalités naissent tout juste brouillées par des politiques de ville : le festival de Reims n'y survivra pas. L'association, en recherche d'un lieu pour son assemblée générale et d'une reconnaissance tardera à être itinérante, mais sous l'impulsion de ses différents présidents - dans l'ordre Alain Demouzon, Pierre Lebedel, Jean-François Vilar, Olivier Trouillas, Michel Lebrun, François Guérif, Claude Mesplède, Jean-Louis Touchant et Hervé Delouche - tient la gageure d'atteindre un nombre d'adhérents conséquent qui en fait une des plus importantes de France, d'avoir une revue de qualité éponyme trimestrielle, et de participer activement ou pas aux principaux festivals policiers qui depuis Reims ont essaimé la France.

C'est cette histoire avec ses AG turbulentes, ses errements sur la nomenclature des trophées, ses attaques politiques (l'épisode Didier Daeninckx à la Bastille, A.D.G. à Reims), ses critiques unanimes (Apostrophes de Bernard Pivot consacré au sous-genre "Polar"), ses luttes d'ego assimilées à des règlements de compte a posteriori, les amitiés indéfectibles de Jean-Louis Touchant (Pierre Vincents et Françoise Poignant), les auteurs qui disparaissent (et il y en a eu de Léo Malet à Pierre Siniac), ses hommages aux simples adhérents qu'il nomme, et les constructions abouties - avec la participation au lancement de la BiLiPo. Jean-Louis Touchant assassine de nombreux noms qui traversent ses pages enlevées - dont la pauvre Agatha Christie souvent rebaptisée Agathe Christie, et le malheureux Didier Daeninckx (là, on peut l'excuser), mais tient son histoire. Une histoire qui n'est sûrement pas objective à défaut d'être véridique, mais qui est assurément riche en anecdotes, en découvertes, et en suivi longitudinal de la part d'un de ses piliers, qui ravira (ou pas) tout adhérent de l'association.


On en parle : 813 n°115

Citation

On a beau se trouver 'hors champ' cet instant unique ressemble aux épiphanies dont nous entretient James Joyce dans ses nouvelles.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 05 mai 2013
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