Motus et bouche cousue

N'eussé-je perdu tout sentiment de Dieu et été à la dérive, j'aurais pu me détourner de l'abîme et dissuader Ruth en prime. Assurément, Dieu m'incitait en esprit à faire le bien. Mais lorsque l'esprit en question a été amoindri à un degré tel que le mien, [une telle incitation] n'est guère plus que le salut d'un ami qu'on ne reconnaît pas.
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samedi 21 octobre

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Roman - Noir

Motus et bouche cousue

Braquage/Cambriolage MAJ dimanche 03 mai 2009

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,5 €

Donald Westlake
Put A Lid On It - 2002
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Doug Headline
Paris : Rivages, mars 2008
308 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-1905-3
Coll. "Noir", 728

Les dix mille règles pour éviter un nouveau Watergate

Francis Xavier Meehan est un récidiviste autodidacte, qui n'a pas d'autres qualités à mettre sur le marché que cette abnégation à respecter les dix mille règles en matière de mauvais coups. Un manque évident de chance fait qu'il est détenu dans une prison fédérale pour le braquage révélé d'un camion, qui le conduit à envisager la perpétuité dans le raffinement de la MCC. Quand un individu, Jeffords, se présente aux barreaux en prétendant l'être, du barreau, Meehan n'a qu'une envie, c'est celle de retourner lire au calme de sa cellule. Pourtant, Jeffords lui propose un marché alléchant : récupérer une certaine cassette vidéo planquée dans la collection d'armes de Clendon Burnstone IV en échange de sa liberté. Le tout pour éviter toute surprise d'octobre au Président malheureux des États-Unis, qui souhaite être réélu. Le CC (Comité de Campagne) a tiré les leçons du passé. Il lui faut un professionnel et non un amateur pour réaliser le coup. Le spectre du Watergate plane toujours. Meehan y va un peu à reculons. Fait engager son avocate commis d'office, Elaine Goldfarb. Prépare avec minutie un plan d'attaque. Mais doit concilier avec une association de malfrats judéo-musulmans, une autre association d'autres malfrats Nœuds Papillon-Moustache, les coups de folie de ses partenaires et l'idylle qui se noue avec sa commis d'office. Les choses s'annoncent vraiment très difficiles !
Donald Westlake s'écarte, comme quelques trop rares fois, de ses héros habituels que sont Dortmunder et Parker. Les mésaventures de Meehan ne sont cependant pas sans rappeler le personnage désenchanté qu'est Dortmunder, une touche de sensibilité en plus. Westlake continue allègrement dans le comique de répétition. Les dix mille règles à respecter. Le voyant rouge du répondeur téléphonique qui clignote. Les sobriquets caractéristiques des gens qu'il rencontre. Mais Westlake, aussi, peut être beaucoup plus sérieux comme quand il fait parler son personnage de son ancienne femme et des raisons qui font qu'il s'abstient de voir ses enfants : il ne souhaite pas qu'ils s'habituent à des visites régulières car comment appréhenderaient-ils alors leur père de retour derrière les barreaux, à jamais absent ? Alors que s'il est absent depuis le tout début, le seul à vraiment en souffrir c'est lui. Ce qui somme toute est comme le sujet, à caution. Lire un roman de Donald Westlake c'est un peu comme avoir envie d'un McDo. On sait exactement ce qu'on vient chercher. Un menu Big Mac avec des frites, de la sauce à profusion et un coca plein de glaçons. Avec Motus et bouche cousue (de fil blanc ?), le lecteur habitué retrouve tous les ingrédients d'une bonne satyre. Ici, le système politique américain et ses luttes sous-terraines. Westlake porte un joyeux regard ironique et totalement déplacé sur un fichu galimatias d'obsédés politico-narcissico-psychotiques.

Citation

C'est vrai que, une fois de temps en temps, la meilleure solution pour aller du point A au point B, c'est de ligoter le propriétaire de la baraque.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 27 avril 2009
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