Trottoirs du crépuscule

Ce n'est pas mon domaine, mais si je suis capable d'entrer dans la tête d'un tueur en série, je devrais être capable d'entrer dans celle d'une gamine de douze ans, après tout, ce n'est pas si différent.
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Contenu

Roman - Policier

Trottoirs du crépuscule

Procédure MAJ mardi 23 avril 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 200 €

Karen Campbell
The Twilight Time - 2008
Traduit de l'anglais (Écosse) par Catherine Cheval, Stéphane Carn
Paris : Fayard, avril 2013
544 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-213-66193-3
Coll. "Noir"

La force des habitudes

Les suprématies industrielles et coloniales du Royaume-Uni ont disparu, mais il reste un domaine où sa supériorité demeure incontestable c'est bien dans le roman policier de procédure.
Karen Campbell nous emmène à Glasgow en compagnie de la "Flexi", une brigade d'intervention chargée de la petite délinquence des quartiers chauds de la ville. Lorsqu'Anna Cameron est nommée à sa tête, l'ambiance se plombe au commissariat car nombreux sont ceux qui pensent qu'elle a été parachutée et choisie plus pour son physique et ce qu'il dégage chez les hommes que pour ses qualités policières...
Cela n'empêche qu'à partir de cet instant nous suivons le quotidien de policiers de quartier enfoncés jusqu'au cou dans leurs propres affaires personnelles - Anna a été la stagiaire de Jamie, maintenant sous ses ordres ; elle a également été sa maitresse alors qu'e lui a épousé Cath, elle aussi policière, en retrait pour s'occuper de son bébé, mais totalement dépressive - et la multiplicité d'affaires criminelles. Comme l'a également intronisé Ed McBain dans sa série du "87e Distric", de nombreuses enquêtes parallèles viennent s'ajouter : la mort suspecte d'un vieil homme polonais, peut-être liée à des agressions racistes ; des attaques sur des prostituées.
Tout irait pour le mieux dans le moins pire des mondes si Anna ne voulait pas prouver à tous qu'elle est une policière efficace et si son coup de foudre pour Jamie ne la poussait à nouveau vers lui...
Le style de Karen Campbell reste volontairement neutre pour se mettre au diapason. Rien ne doit dépasser de la grisaille décrite, des petits faits qu'il faut accumuler pour obtenir une preuve, des témoins réticents et des truands qui nous morfondent dans leur silence. Des coups de colère des policiers, des actes de violence soudains ponctuent le roman, comme dans la "vraie vie ordinaire" et en voulant montrer ses capacités, Anna force parfois le destin dans le mauvais sens, risquant de fausser une enquête. C'est ainsi qu'en congés elle utilise les services de Cath, elle aussi, en congés, pour obtenir certaines informations qui leurs seront inutiles vu qu'elle ne sont pas en service. Sens du détail criminel, précision minutieuse et crédible de la vie des policiers de base, rythme lent des vraies enquêtes : tout est pour que Karen Campbell gagne sa place sur le podium du roman procédurier.

Citation

À son clavier, la préposée au standard réclamait quelqu'un pour s'occuper d'un vol à l'étalage tandis que l'officier de permanence, penché sur son épaule, mastiquait son sandwich en faisant pleuvoir des miettes sur l'écran.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 19 avril 2013
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