Terre des rêves

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jeudi 15 novembre

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Roman - Noir

Terre des rêves

Ethnologique - Assassinat MAJ mardi 19 mars 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,6 €

Vidar Sundstøl
Drømmenes land - 2008
Traduit du norvégien par Hélène Hervieu, Éva Sauvegrain
Paris : Points, janvier 2013
398 p. ; illustrations en noir & blanc ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7578-3208-0
Coll. "Roman noir", 2947

Des Drakkars sur les grands lacs

Alors que le polar nordique en terres scandinaves a toujours le vent en poupe, il parait étrange qu'un auteur norvégien se décide à écrire un roman noir se déroulant aux États-Unis. Mais Vidar Sundstøl offre avant tout un "faux" roman américain avec une victime norvégienne massacrée alors qu'elle faisait du camping, et un compagnon de voyage traumatisé et retrouvé à proximité du cadavre. Des policiers norvégiens vont donc venir assister à l'enquête ajoutant une atmosphère procédurale typée en terre étrangère.

Terre des rêves, premier volet de la "Trilogie du Minnesota", se déroule dans une région restée encore assez sauvage, autour des lacs du Minnesota, là où justement les premiers émigrants ont été des Nordiques. Les lieux sont fortement imprégnés de cette culture à un point tel que Lance Hansen, le policier local, qui a découvert le corps, plus particulièrement chargé de s'occuper de la préservation des sites forestiers, est surtout un spécialiste de l'histoire locale. Au cours de ce récit, il va d'ailleurs remettre en cause quelques unes des légendes qui tissent la mémoire collective. L'occasion de montrer que la "colonisation" nordique n'a pas forcément été des plus tendres. À cet égard, il en est lui-même l'exemple le plus frappant car c'est un descendant des vikings qui a épousé puis divorcé d'une indienne : Vidar Sundstøl en profite pour décrire longuement la population indigène.

L'intrigue est vraiment un prétexte. D'ailleurs, tout porte à croire que le suspect arrêté est en fait innocent, et que le personnage central de l'histoire protège le véritable assassin. Le roman se conclut par "ce n'est que le début, pensa-t-il", manière logique pour l'auteur de lancer la suite de cette trilogie. Un très bon prétexte pour présenter une région sylvestre, froide, nordique, où les habitants oscillent entre la culture scandinave au sens large et celle des États-Unis, avec un rapport à la nature assez identique, dans des paysages qui pourraient être ceux du Canada ou vus dans la série Twin Peaks. Terre des rêves reste de facture éminemment classique dans sa forme et son style, mais l'auteur parvient à faire passer une poésie des lieux et un lyrisme de la nature sauvage qui donnent envie de poursuivre l'exploration en sa compagnie de cette contrée.

Citation

De l'autre côté de la route s'étendait presque partout la forêt. Il aperçut un drapeau norvégien fixé à une boite aux lettres près d'une bifurcation s'enfonçant dans la forêt.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 19 mars 2013
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