Agence Interpol - 1 : Mexico la muerte

La neige était piétinée tout autour de lui, comme si ses assassins avaient exécuté une danse de guerre après coup. La tache sombre qui lui auréolait le crâne s'infiltrait dans le blanc virginal.
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Bande dessinée - Noir

Agence Interpol - 1 : Mexico la muerte

Tueur en série - Hard boiled - Drogue MAJ vendredi 11 janvier 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

Philippe Thirault (scénario), Lionel Marty (dessin)
Lionel Marty (coloriste)
Scarlett Smulkowski (coloriste)
Boris Beuzelin (coloriste)
Marcinelle : Dupuis, septembre 2012
56 p. ; 30 x 22 cm
ISBN 978-2-8001-5164-9

Dépeçage en série

"Agence Interpol", c'est avant tout une série en quatre volets inspirée de faits réels qui fait un focus sur la violence d'autant de villes. Avant Rome, Stockholm et Bangkol, Philippe Thirault au scénario et Lionel Marty au dessin s'attaquent à Mexico. Dans une ville gangrenée par les cartels, sévit un chirurgien psychopathe qui dissémine des cadavres de femmes décapités proprement à ses quatre coins. Seul Pablo Tikal, un privado tout droit sorti des romans hard boiled - c'est-à-dire cynique, mélancolique et solitaire -, semble réellement s'intéresser à leur sort. Sauf que parmi les corps, il y a celui d'une Américaine et qu'Interpol s'en mêle. Leur agent, Claire Burnell, splendide blonde intelligente et pétillante, aux seins aguicheurs et aux jambes longues et belles, tente de recueillir et d'analyser le plus d'informations possibles afin de cerner le tueur. Les deux se rencontrent dès les premières pages pour ne pas se quitter avant la résolution de l'affaire. Il y a bien un jeu de séduction, mais il n'ira pas plus loin que le pas de la porte de la chambre de l'appartement de l'agent d'Interpol. Mais il y a de la violence à chaque croisement de rue. Elle suit les deux investigateurs à la morgue, au bureau de Tikal et même dans une boucherie pour l'occasion synonyme d'une mise en abime. À chaque fois, des hommes d'un cartel munis d'armes automatiques qui tirent sans discernement. À partir d'un scénario incisif aux répliques ludiques, Lionel Marty découpe la ville au scalpel. Cela donne une alternance de pages à la violence exubérante avec des couleurs chaudes et d'autres à la froideur clinique où cette même violence est sous-jacente, presque plus terrifiante que lorsqu'elle explose. Les narcotrafiquants sont des brutes épaisses régissant aux lois de la jungle : profits, territoires, respect. Le tueur, lui, est calme, concentré sur son but. Cela donne un ensemble dans la lignée de la série "Dexter", mais qui aurait franchi la frontière jusqu'à la carniceria "Super Sadika", à la recherche d'une chambre froide abritant une collection de scalps d'un tueur en série particulièrement habile du dépeçage. On attend avec impatience le changement de ville...

Citation

Au Mexique, la décapitation est un des modes opératoires favoris des narcotrafiquants. C'est presque banal. Et dans ce genre d'affaire, pour que l'enquête avance, il faut que les flics y trouvent un intérêt. Policiers, magistrats, fonctionnaires : ici, tout s'achète. Le dogme est celui de l'immaculée corruption.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 03 janvier 2013
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