Lumière dans une maison obscure

On ne lit pas le Liber Animorum. C'est lui qui vous lit ! Il soupèse votre âme et, s'il lui trouve des défauts, il la dévore. Ce qui reste ensuite, c'est le mal à l'état pur.
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jeudi 13 août

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Roman - Policier

Lumière dans une maison obscure

Vengeance MAJ mardi 04 décembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,8 €

Jan Costin Wagner
Das Licht in einem dunklen Haus - 2011
Traduit de l'allemand par Marie-Claude Auger
Paris : Jacqueline Chambon, octobre 2012
312 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-330-01255-7
Coll. "Roman policier"

Actualités

  • 14/06 Prix littéraire: Sélections 2013 des Grands Prix de la littérature policière
  • 12/10 Édition: Parutions de la semaine - 12 octobre
    Jan Costin Wagner chez Jacqueline Chambon, Franck Thilliez au Fleuve noir, Jim Nisbet chez Rivages, Ruth Rendell aux 2 Terres, Frédéric Lenormand chez Fayard ou encore Graham Hurley au Masque : que des auteurs qui ont l'habitude d'apparaître chez ces éditeurs de façon cyclique. Chacun y trouvera ce qu'il cherche avec du thriller (auquel au Fleuve noir on pourrait ajouter Hervé Commère), du procédural (il y a également le retour de Laura Lippman au Toucan), du social, du noir, de l'historique. Au rayon des heureuses surprises, il faudra aller voir dans cette anthologie sur Haïti des éditions Asphalte et dans cet Adios Mexico chez Autrement. Alors que Jean-Paul Gawsewitch continue ses rééditions de l'œuvre de Maurice Leblanc, L'Opportun propose cinquante nouvelles inédites du père d'Arsène Lupin. Le Masque poche dans une nouvelle charte graphique sujette à caution présente des romans divers et variés aux qualités elles aussi diverses et variées. Philip Kerr et Fred Vargas sont ainsi dans cette première livraison avec des romans de jeunesse, quant à l'éternel John Buchan malheureusement présent dans une traduction vieillote, il est éternel avec ses Trente-neuf marches. Il doit se trouver ici et là quelques auteurs nordiques aisément identifiables...

    Grand format :
    Miroir, d'Alick (Rebelle, "Sans visage")
    Méprise judiciaire, de Philippe Arnaudet (Terre des Graves)
    Pars et ne dis rien, de Philippe Bouin (L'Archipel)
    Le Deuxième homme, de Hervé Commère (Fleuve noir, "Thriller")
    Michelangelo et le banquet des damnés, de Didier Convard (Fayard, "Thrillers")
    Adios Mexico, de Joaquin Guerrero Casasola (Autrement)
    Haïti noir, anthologie dirigée par Edwidge Danticat (Asphalte, "Noir")
    Tabou, de Casey Hill (Les Escales)
    Une si jolie mort, de Graham Hurley (Le Masque, "Grands formats")
    Défendre Jacob, de William Landay (Michel Lafon)
    L'Aiguille creuse : et autres histoires, de Maurice Leblanc (Jean-Claude Gawsewitch, "Les Aventures extraordinaires d'Arsène Lupin)
    La Longue marche du juge Ti, de Frédéric Lenormand (Fayard, "Policier")
    Celle qui devait mourir, de Laura Lippman (Le Toucan, "Noir")
    La Revanche de Mike Larsson, de Olle Lönnaeus (Liana Levi, "Policier")
    Le Voleur de cadavres, de Patrícia Melo (Actes sud, "Actes noirs")
    Le Cercle, de Bernard Minier (XO)
    Blanche-Neige doit mourir, de Nele Neuhaus (Actes sud, "Actes noirs")
    Traversée vent debout, de Jim Nisbet (Rivages, "Thriller")
    Mon plus vieil ennemi, de Ruth Rendell (Les 2 Terres)
    La Fille des souterrains, de Anders Roslund & Börge Hellström (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Le Tableau de Pilate, de Graig Smith (Jean-Claude Lattès)
    Atom[ka], de Franck Thilliez (Fleuve noir, "Thriller")
    12:21, de Dustin Thomason (Calmann-Levy, "Suspense")
    Lumière dans une maison obscure, de Jan Costin Wagner (Jacqueline Chambon, "Roman policier")
    Conséquences, de Darren Williams (Sonatine)

    Poche :
    Le Secret d'Eunerville : Arsène Lupin, de Pierre Boileau & Thomas Narcejac (Le Masque ("Poche jaune")
    Les Trente-neuf marches, de John Buchan (Le Masque, "Poche jaune")
    La Poursuite, de Clive Cussler (LGF, "Thriller")
    Le Thé des trois vieilles dames, de Friedrich Glauser (Zoé, "Poche")
    L'Incendiaire, de Jón Hallur Stef´nsson (Babel, "Noir")
    La Tulipe du mal, de Jörg Kastner (LGF, "Policier")
    Chambres froides, de Philip Kerr (Le Masque, "Poche jaune")
    Cyanure, de Camilla Läckberg (Babel, "Noir")
    La Constance du jardinier, de John Le Carré (Pointdeux, "Pointdeux")
    L'Évangile selon Francy, d'Amanda Lind (Pocket)
    Sérum : saison 1.4, de Henri Lœvenbruck & Fabrice Mazza (J'ai lu, "Policier")
    Les Violeurs d'âme. 1. Le psychopompe, de Dominique Maisons (Pocket, "Thriller")
    Sauvetage fatal, de Kate Morgenroth (Pocket, "Thriller")
    Flétrissure, de Nele Neuhaus (Babel, "Noir")
    Le Chat aux aguets, de Jean-Paul Nozière (Rivages, "Noir")
    La Bibliothèque de Villers ; suivi de Tombeau d'Agatha Christie, de Benoît Peeters (Espace Nord, "Roman")
    Le Piège de l'architecte, de Douglas Preston & Lincoln Child (J'ai lu, "Thriller")
    Bad Boy, de Peter Robinson (LGF, "Policier")
    Rennes de la nuit, d'Alain Stéphan (Jean-Paul Gisserot, "28-8 police !)
    Vertige, de Franck Thilliez (Pocket, "Thriller")
    Les Jeux de l'amour et de la mort, de Fred Vargas (Le Masque, "Poche jaune")

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Rien qu'une larme

C'est en Finlande, où il passe la moitié de l'année, que Jan Costin Wagner ancre son roman noir Lumière dans une maison obscure. Avec beaucoup d'intelligence et de justesse, il nous plonge dans le quotidien de Kimmo Joentaa, commissaire torturé aux prises avec le passé sombre d'un village anonyme et d'une vengeance tout aussi anonyme, mais sans pitié signée par des larmes versées sur le corps de victimes.

"Encore de la littérature nordique ?" Oui, mais... Kimmo Joentaa est un jeune commissaire qui, après avoir perdu son épouse, tente de se reconstruire dans les bras d'une femme qui joue les filles de l'air. Il passe de l'enquête qui lui a été confiée – l'assassinat d'une mystérieuse inconnue plongée dans le coma sur son lit d'hôpital – et le touche tout particulièrement, à la tentative désespérée de retrouver cette amante qui a quitté le domicile et d'en savoir plus sur elle. Il baigne donc dans le mystère, cherche d'un côté comme de l'autre à trouver les fils auxquels il pourra se raccrocher pour surmonter le deuil de son épouse, se constituer de nouveaux repères mais également faire avancer son enquête. Car Kimmo Joentaa est un être d'intuition, parfois noyé dans sa sensibilité mais qui en tire également toute sa force.

Difficile en effet de rester insensible à cette détresse mâtinée d'un espoir profondément ancré en le retour des beaux jours, à ce jeu de clair-obscur dans lequel le jeune commissaire évolue, au renversement de certaines évidences pour créer de nouveaux repères. On est pris par une vague de sentiments qui déborde des pages, alimente et sous-tend l'intrigue. Le style de Jan Costin Wagner est séduisant et épuré. Il distille une atmosphère très particulière, à la fois feutrée et forte. Les courts chapitres mettent en parallèle la détresse personnelle de Kimmo Joentaa et l'enquête qui piétine. On referme Lumière dans une maison obscure bouleversé par cette histoire de vengeance, de confiance trahie, et d'amour brisé, irrémédiablement conquis par l'auteur et son roman.

Citation

Il lui demanda plusieurs fois pourquoi elle allumait toujours la lumière quand elle partait et était assise dans le noir quand il rentrait. Elle ne répondait pas.

Rédacteur: Catherine Thiéry jeudi 09 janvier 2014
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