Le Lapin blanc

Si nous pouvions voler, nous aussi !
Guy Jimenes - Icare aux ailes d'or
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Lovecraft Country
"Encore un machin lovecraftien", me suis-je dit in petto. Il est vrai que je suis un grand fan du maître ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 23 septembre

Contenu

Roman - Thriller

Le Lapin blanc

Scientifique - Complot MAJ jeudi 29 novembre 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16,95 €

Nino Treusch
Il coniglio bianco - 2010
Traduit de l'italien par Jacques Barberi
Gennevilliers : Prisma, novembre 2012
322 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-8104-0242-7
Coll. "Noir"

Actualités

  • 09/10 Édition: Prisma lance sa collection polar
    Les maisons d'édition ainsi que les collections de littérature policière semblent avoir de beaux jours devant elles. Si l'on en croit les ventes toujours croissantes, la part que cette littérature représente sur l'ensemble de la fiction (plus de vingt-cinq pour cent) et les pays en vogue (ce thriller qui nous vient en ce moment du Nord), cet enthousiasme éditorial n'est pas prêt de s'arrêter. C'est dans ce contexte que les éditions Prisma lancent "Prisma noir" en s'appuyant un peu sur tous ces éléments. Le principe semble simple : la collection accueille des romans best sellers de tous pays avec pour leitmotiv "le souffle des polars d'ailleurs". Et cet ailleurs est surtout à utiliser au pluriel car il s'agit à la fois de l'auteur et du lieu de l'intrigue. Les premières parutions proposent ainsi des romans d'auteurs d'Italie, du Danemark et des États-Unis, qui plantent leurs décors en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, au Kenya, en Chine, en Inde... Comme vous le voyez, beaucoup de voyages en perspective. Et ce n'est pas tout car l'éditeur annonce des auteurs en provenance du Japon et de l'Islande. Pour l'heure, s'il parait difficile d'établir une vraie cohésion littéraire (Prisma accorde plus d'importance aux chiffres de vente à l'étranger qu'à la qualité intrinsèque des romans dans ses argumentaires), nous en saurons évidemment beaucoup plus lorsque nous aurons lu cette première salve...

    Premières parutions à venir (le 8 novembre) :
    - La Trahison de Rembrandt, d'Alex Connor (544 p. - 18,95 €.)
    - La Vierge africaine, de Helle Vincentz (448 p. - 17,95 €.)
    - Le Lapin blanc, de Nino Treusch (328 p. - 16,95 €.)
    Liens : La Trahison de Rembrandt |La Vierge africaine |Alex Connor |Nino Treusch

Mise en abime du complot scientifique

Parfois, il arrive que le roman noir soit une mise en abime glaçante. Dans ce premier roman de l'Italien Nino Treusch, Jan Tes, le personnage principal de l'intrigue, ne pouvant révéler la vérité de manière officielle décide de livrer les informations qu'il possède dans un livre. Ces informations risquent de mettre à mal la confiance que nous pourrionsons encore avoir dans l'industrie en général, et dans le domaine de la téléphonie mobile plus particulièrement, et ses liens avec des gouvernements dans le plus grand des cynismes. Or il semblerait que Nino Treusch soit lui-même cadre dans une entreprise de téléphonie...

En ce qui concerne le secret à révéler, il n'y a là rien de bien original. Les amateurs de littérature policière et de thriller scientifico-technique se doutent rapidement de ce que cachent les aventures racontées dans ce roman. Jan Tes, un brillant cadre supérieur, est envoyé en Inde pour licencier et faire fermer un centre de recherche au plus vite. Un cadre local qui essaie de lui faire passer un message est retrouvé mort, sans compter le directeur de la sécurité qui disparaît en quelques heures de l'organigramme de l'entreprise. Tout ceci cache évidemment quelque chose, mais quoi ?

Deux aspects transforment cet honnête thriller balisé, réaliste et crédible (avec de longs développements qui explicitent un peu lourdement la vérité ignoble qui se cache derrière les morts) en lui donnant une touche supplémentaire. Tout au long du roman, contrairement à ce qui serait le cadre général du genre, Nino Treusch scie toutes les échappées possibles et montre comment la mainmise des des castes dirigeantes pour provoquer le silence et empêcher la divulgation d'informations compromettantes - en montrant la parfaite concordance de points de vue des occidentaux et des Chinois - fonctionne parfaitement. Le destin particulier qui attend le cadre Jan Tes, personnage principal de l'histoire, est particulièrement atypique dans l'univers du roman d'action - et il serait difficile d'en dire plus sans dévoiler une péripétie captivante.

Ce sont vraiment ces deux aspects qui, en décalant légèrement la perspective, empêchent le récit de tomber dans le canevas général du genre et lui donnent une tonalité empreinte de cynisme tout à fait réjouissante car personne n'a besoin de la vérité. Le mensonge est parfois plus crédible. Une société vit plus facilement avec des morts qu'avec des vivants. Dans les premières pages du roman un lapin meurt, et est enterré par son propriétaire. Le chien du voisin le déterre et l'apporte à son maitre. Effrayé, croyant que le chien est responsable de la mort de l'animal, le maitre va le remettre dans le clapier. Le voisin en rentrant est horrifié car il est à présent propriétaire d'un lapin zombie... C'est là la différence entre les individus et les États, ces derniers préfèrent et de loin les citoyens zombies...

Citation

Il m'est arrivé une chose étrange aujourd'hui. En prenant ma voiture, j'ai trouvé un mot sur le pare-brise. On me conseillait d'essayer les freins avant de partir.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 06 janvier 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page