The Death Kiss

S'il gérait bien le coup, il pouvait se faire un nom et se forger une réputation au sein du Department of Homeland Security. Il serait peut-être promu. On l'enverrait peut-être dans un pays où l'eau était potable.
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mercredi 26 septembre

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DVD - Noir

The Death Kiss

Assassinat - Whodunit MAJ mardi 06 novembre 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 12,99 €

Edwin L. Marin
The Death Kiss - 1932
Besançon : Hantik Films, septembre 2011
1 DVD VOST Zone 2 ; noir & blanc ; 19 x 14 cm
Coll. "The Scare-ific Collection"

Mise en abime noire et caustique

Dès les premières minutes de The Death Kiss (premier film du réalisateur Edwin L. Marin avec Bela Lugosi dans un second rôle), le téléspectateur se retrouve plongé dans une mise en abime de l'assassinat. Un homme est abattu en pleine rue au sortir d'un hôtel après avoir été embrassé par une très jolie femme qui, elle, entrait. Il s'avère très vite que c'est la scène finale d'un film, The Death Kiss qui est en train d'être tournée. Donc, l'homme est un acteur, et sa mort jouée. Seulement voilà, le clap de fin passé, l'homme - Myles Brent - ne se relève pas. Accident ou meurtre ? Le lieutenant Sheenan (John Wray, l'un des acteurs en vogue de l'époque, qui allait avoir quelques rôles intéressants dans des films de Frank Capra ou de Fritz Lang avant de voir son aura diminuer progressivement malgré un presque dernier rôle dans Autant en emporte le vent, en 1939) va mener son enquête pendant que parallèlement le scénariste Frankin Drew (David Manners, qui l'année précédente a joué John Harker, l'homme qui combat Dracula - Bela Lugosi - au côté de Van Helsing - Edward Van Sloan, que l'on retrouve également ici - dans le film de Tod Browning, ce même rôle de Dracula pour lequel était pressenti John Wray, tout est lié !) va en faire de même avec, on le devine, plus de réussite.

Il y a l'effet de chute avec cette spirale du Death Kiss qui veut nous entrainer dans un monde où l'on ne sait pas trop ce qui est du domaine du véritable. L'acteur assassiné venait de divorcer avec Marcia Lane (Adrienne Ames, qui fit ses débuts à l'époque du muet, et qui n'eut pas une carrière à la hauteur de son talent. Remarquée dans George White's Scandals, en 1934, elle finit par se retirer à New York avant de mourir d'un cancer après vingt ans d'une carrière en dents de scie) vers qui les soupçons se portent irrémédiablement (du rouge à lèvre sur un mégot de cigarette à de l'acide sulfurique utilisé pour un empoisonnement et qui a été retiré de sa batterie de voiture, les preuves ne cessent de converger vers elle avec trop d'insistance), mais il avait aussi été vu par un mari en compagnie de sa femme dans un hôtel très sélect.

Ce film honnête de série B. est un classique du whodunit avec une enquête linéaire menée tambour battant, qui marque les débuts d'Edwin L. Marin. Le scénariste meilleur enquêteur que le lieutenant de police, épaulé par le responsable de sécurité des studios Tonart, véritable personnage parodique et bouffonnesque, contre vents et marées va débusquer la vérité. Il faut dire que les dialogues, au demeurant bien sentis, sont un rendu d'humour et de causticité. Car ce film est avant tout léger même s'il repose sur une assise triangulaire police-cinéma-presse qui se répond avec bonheur et prouve qu'il est très réfléchi (sur le schéma habituel : la police est pragmatique, le cinéma fabule et la presse affabule, ou le combat de la fiction contre la réalité, dualité qui se retrouve conjuguée presque à l'infini dans ce film). L'arme du crime, un .38 (alors que les meurtriers du film ont tous un .45) est cachée dans un projecteur au sein d'un dispositif diabolique et criminel. Là aussi, un coup de projecteur est porté sur le film et sur le crime.

Un canon du genre pourrait-on même dire. Et c'est rendu, là, non pas dans un noir et blanc mais dans un gris et blanc, limite sépia et blanc (dû à une non remastrisation assumée), qui donne aux échanges de coups de feu une teinte ocre assez étrange. L'ensemble, plaisant à regarder, avec une quantité non négligeable de rebondissements en même pas soixante-dix minutes, fonctionne particulièrement bien.

The Death Kiss : 70 min. Réalisé par Edwin L. Marin sur un scénario de Gordon Kahn & Barry Barringer. D'après l'œuvre de Madelon St. Dennis. Avec David Manners, Adrienne Ames, Bela Lugosi, John Wray, Vince Barnett, Alexander Carr, Edward Van Sloane, Harold Minjir...
Bonus. Filmographie de Bela Lugosi. Filmographie d'Edwin L. Marin. Undersea Kingdom épisode 3 ("Les Arènes de la mort") et 4 ("La Vengeance des Volkites"), serial réalisé en 1936 avec Lon Chanley Jr.
Booklet. "The Death Kiss" 8 p. multilingue (anglais, castillan, français, italien & allemand).

Illustration intérieure

Peu avant le vrai faux assassinat de Myles Brent.


Citation

Monsieur Brent. Lorsque vous mourrez cette fois-ci, évitez d'en faire des tonnes. Et inutile de faire la toupie en tombant.

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 06 novembre 2012
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