Cornélius Crassus, agent de Jésus

Marcus ne se rappelait pas où et quand avait eu lieu son premier contact avec cet effluve, mais une partie de lui ne l'avait pas oubliée. L'amnésie ne manque pas d'humour. Il aurait pu se souvenir de l'odeur des roses ou du sein de sa mère. mais c'était celle du cadavre.
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mardi 18 septembre

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Roman - Noir

Cornélius Crassus, agent de Jésus

Humoristique - Ésotérique MAJ dimanche 21 octobre 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

Eddy Piron
Paris : Baleine, avril 2012
166 p. ; 17 x 12 cm
ISBN 978-2-84219-490-1
Coll. "Noire"

La première star

L'actualité a remis au devant de la scène la notion de blasphème. En fait, il s'agit surtout de mettre en perspective, de manière différente, les idéologies qui nous façonnent. Eddy Piron s'y colle avec la figure historique de Jésus. L'angle choisi est assez novateur car si, habituellement, on nous présentait l'histoire de Jésus de l'intérieur, vue par lui-même, un membre de sa famille ou un des disciples avec ce Cornélius Crassus, agent de Jésus le personnage central est un roman, un roman très "contemporain" d'ailleurs, puisqu'il a tous les tics et le vocabulaire de la modernité : capitalisme, études de marché et marques déposées. Cornélius Crassius, qui modernisme oblige a gagné une accentuation aigüe, a décidé après avoir été entraîneur de gladiateurs de se lancer dans le fromage de chèvre. Il débarque donc en Palestine pour fonder son entreprise et obtenir le monopole. Tout ça, c'est avant sa rencontre avec Marie et Joseph, et sa décision de prendre en charge le petit Jésus qui pourrait bien devenir un grand acteur !...

Beaucoup d'ironie, d'humour, des clins d'œil constants pour les connaisseurs de la période avec une filiation noir et mystico-incrédule avec L'Agneau, de Christopher Moore (qui lit narrait les années mystérieuses de l'enfance de Jésus à travers les yeux de son compagnon de jeux), qui peut l'apparenter de loin au roman noir par la façon cynique de traiter les personnages, de régler les conflits par l'assassinat comme l'épisode de saint Jean Baptiste par exemple. Eddy Piron ne provoque pas sans arrêt, pour le plaisir, mais réinvestit la période en lui collant une grille actuelle. C'est le contraste entre les deux univers, entre un Jésus qui se cherche et un Romain qui veut en faire une vedette people et rentable, une "Première star", qui crée tout le sel du texte. L'auteur a choisi une forme assez courte, ce qui lui permet de rendre vivante et efficace son évocation, de survoler plus que d'alourdir, et de créer un roman drôle, plus iconoclaste qu'il ne parait, l'air de rien, sans y toucher, ni provoquer avec des grossièretés. Dans un monde comme le nôtre qui devient si lourd et si pesant, où l'humour cherche surtout à détruire de fausses gloires, un peu de légèreté et de fantaisie douce forme un antidote agréable.

Citation

Si je devais respecter tous les rites sacrificiels que nous imposent les dieux, mon cheptel fondrait comme neige au soleil.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 19 octobre 2012
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