Le Samovar

J'ai compris que j'avais en fait envie de mourir. L'idée était simple et me trottait dans la tête. J'étais fatigué : crevé par mes obsessions sans fin, mon cerveau ruminant sa douleur et le vide absurde qui remplissait ma vie dénuée de sens. La mort serait un soulagement. Et aujourd'hui serait un bon jour pour crever.
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mercredi 14 novembre

Contenu

Roman - Noir

Le Samovar

Social - Écologique MAJ mardi 23 octobre 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Nicolas Rouillé
Paris : Moisson rouge, septembre 2012
254 p. ; illustrations en noir & blanc ; 21 x 14 cm
ISBN 979-10-90478-05-3

Société en friche

Entre le défrichage d'une zone industrielle ancienne pour planter des légumes et à l'inverse le blocage d'une zone commerciale pour faire fléchir les pouvoirs publics, l'on suit avec intérêt le travail quotidien de militants de base, sans fioritures ni grandiloquence tout au long de ce Samovar, de Nicolas Rouillé. Deux fils directeurs s'interpénètrent, mais surtout servent de socle pour décrire une plongée sociologique intelligente dans le monde des squatteurs, des libertaires, sans doute inspiré des expériences nordiques des années 1960 (Christiana). Et l'on obtient la vision fine d'une tentative de créer un lieu utopique, de gérer un jardin bio, voire de mener une lutte inégale, parfois violente, avec le monde moderne. Le premier fil se base sur une intrigue policière classique : qui cherche à déconsidérer le milieu des squats ? À faire capoter l'expérience d'autogestion agricole que tente le Samovar dans une friche industrielle ? S'y ajoute cette ambiance de roman noir avec toutes ses questions inhérentes : comment Tristan, un jeune étudiant en rupture de ban, s'insère-t-il dans ce groupe de squatteurs ? Comment va-t-il concilier son envie d'idéal avec ses propres désirs ? L'auteur, Nicolas Rouillé, semble bien avoir vécu ce qu'il raconte sans sombrer dans le contemplatif idyllique. D'ailleurs, Le Samovar débute par l'arrivée du personnage au milieu d'une AG dont il ne comprend ni les tenants, ni les aboutissants, mais où se jouent toutes les contradictions du mouvement : les options violentes ou pacifistes, les décisions à la majorité, la mauvaise foi des intervenants. Il est simplement venu voir pour faire réparer son vélo et ce vélo sera justement détruit, de colère, par l'un des membres du collectif qui ne comprend pas que ses choix soient refusés par les autres. Puis, lors d'une fête, Tristan, amoureux d'une jeune femme, lui fait des avances. Ivre, celle-ci répond favorablement mais, le lendemain, crie au viol, provoquant des graves tensions ente les membres du collectif mais montre aussi que les problèmes dans le squat existent au niveau collectif et personnel. C'est cet univers que dépeint sombrement Nicolas Rouillé avec des rouages grippés dès le début, avec une communauté qui demande qu'on lui friche la paix, ce qui bien sûr est une douce utopie, le tout avec un style certain.

Citation

Il saoule votre conflit. Moi j'en ai plein le cul de passer trois heures à faire une lessive et passer la serpillière quand y a une fuite parce que personne à le courage de s'y coller.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 19 octobre 2012
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