Green War

J'ai eu de tout dans ma cellule, des violents, des dingues, des déprimés, des fatalistes ; des braqueurs, des drogués, des suicidaires, des drogués-suicidaires… C'est comme si la prison me proposait la bande-annonce.
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mercredi 26 septembre

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Roman - Thriller

Green War

Anticipation - Social - Écologique MAJ vendredi 12 octobre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8 €

Jean-Marc Ligny
Triel-sur-Seine : Lokomodo, août 2012
412 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-35900-104-4
Coll. "Zone d'Ombres", 6

Vie étouffante dans un monde étouffant

Grace aux Mayas, nous savons déjà que la fin du monde est proche. De nombreux auteurs ont d'ailleurs développé cette idée d'une fin cataclysmique pour l'Humanité. Mais, finalement, la pire fin ne serait-elle pas une simple continuation du présent ? C'est l'idée développée par Jean-Marc Ligny, romancier protéiforme des littératures de mauvais genres (science-fiction, fantastique, policier) dans Green War que les éditions Lokomodo rééditent au format poche. Certes il peut jouer sur tous les tableaux, mais il excelle surtout dans sa description d'un futur légèrement décalé de proximité, comme dans Jihad un roman qui anticipait le monde dans lequel nous sommes. Dans Green War, il joue dans le même registre : la vallée rhodanienne, des patrons voyous qui se moquent des règles de sécurité, et une usine qui explose "accidentellement". Malik, le fils de l'employé mort dans l'explosion, ne peut se contenter des explications simplistes. Face aux murs administratifs, policiers et judiciaires, il bascule dans l'illégalité pour obtenir sa vengeance.

Récit de l'intérieur d'un commando terroriste aux motivations écologistes, Green War est aussi une peinture du monde actuel où le fossé entre riches et pauvres, entre ceux qui réussissent, ceux qui survivent et ceux qui plongent, se creuse sans cesse. Jean-Marc Ligny évite le manichéisme en nous présentant des individus aux motivations contradictoires, au sein d'une machination "à la Manchette" - révolution et répression sont en effet les deux mâchoires d'une même tenaille.
Très ancré au sein de descriptions réalistes d'un Occident qui se déglingue avec des industries qui disparaissent, une pollution qui augmente, des gouvernements et des forces de police aux ordres du pouvoir économique, Green War n'évite pas cependant des scènes un peu convenues (il importe de noter que la première édition du roman chez Intervista était dans "Collection 15-20", destinée à un public adolescent) et quelques clichés du genre comme le vain combat, les artistes comme éventuelle solution (ici un tagger), une brute au grand cœur, mais présente également des portraits de gens pris au sein de cette tourmente et essayant de faire de leur mieux - les quelques pages sur l'ouvrier qui meurt au début ou son épouse par exemple. Une mention particulière peut être signalée pour le portrait du policier, sorte de Javert moderne, dernier individualiste qui croit à sa mission de protection du bien commun alors qu'il ne sert que les intérêts d'une caste.

Surfant sur des bons sentiments, Jean-Marc Ligny écrit un thriller de forme classique et dynamique qui utilise toutes les ressources de son art narratif pour rendre l'intrigue vivante et faire passer quelques heures de lecture intéressante tout en obligeant à une réflexion. Dans la littérature actuelle, c'est presque devenu un mythe...

Citation

Il contemple longuement l'arme brillante, les yeux luisants d'une joie meurtrière. Demain, oui demain, ce flingue crachera la mort et la tronche de bite de Duvernoy explosera comme une pastèque trop mûre.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 12 octobre 2012
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