Truands marseillais du siècle dernier avec portraits fictifs de Daniel Dezeuze

Esteves a consacré sa vie à la traque de ce tueur. Cette affaire est devenue son obsession, comme cela peut arriver parfois. Il y a perdu sa femme et sa fille, la confiance de ses supérieurs et sa crédibilité professionnelle. Relégué dans un bureau local, sur des cas sans intérêt, il occupe la moindre seconde de son temps à collecter et relire les éléments de l'unique dossier qui le préoccupe.
Claire Favan - Les Cicatrices
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

L'Ange rouge
Le nouveau roman de François Médéline nous emmène à Lyon il y a une vingtaine d'années. Une brigade p...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 25 novembre

Contenu

Essai - Policier

Truands marseillais du siècle dernier avec portraits fictifs de Daniel Dezeuze

Gang - Faits divers - Artistique MAJ mardi 09 octobre 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

Robert Gordienne
Daniel Dezeuze (illustrateur)
Sète : Le Dauphin vert, août 2012
56 p. ; illustrations en noir & blanc ; 21 x 13 cm
ISBN 978-2-9536126-8-4

Jeu de massacre marseillais

Cette curieuse plaquette est sans doute issue des relations entre Robert Gordienne, écrivain et fondateur des éditions du Dauphin vert à Sète et l'artiste Daniel Dezeuze qui y vit. Celui-ci est l'un des fondateurs du groupe Supports-Surfaces (1970-1980) le dernier mouvement pictural français dit "d'avant-garde" qui s'attachait à détacher la peinture de tout affect pour ne considérer que l'objet en lui-même. Il a dessiné ici vingt-deux visages "déformés" dont Robert Gordienne va donner une clé quand il parle de Planche Paolini, "l'inventeur du hold-up en bas de soie sur le visage qui a pour mérite comme chacun sait d'écraser les traits et de se faire passer pour un Asiatique comme on peut le voir sur les dessins de Daniel Dezeuze". Ainsi l'on comprend la démarche artistique de l'ensemble car, d'emblée, on ne voyait pas l'intérêt de tels dessins fictifs alors que des reproductions de photos devaient être possibles ou, du moins, des caricatures tirées de photos. Ici, ce sont donc tous les malfrats qui se sont donnés rendez-vous pour un casse avec un bas virtuel sur le visage...

Pour le texte, Robert Gordienne use d'un style plein d'allant en mettant en avant le fait que Marseille est promise à devenir capitale 2013 de l'UNESCO et que les truands venus ici faire leurs classes font aussi partie du patrimoine. Ce n'est pas une étude, mais une énumération joyeuse de noms dans un style qui fait des clins d'œil à la "Série noire" des éditions Gallimard. On commence par Carbone et Spirito pour finir par les frères Zampa en passant par le célèbre vol des bijoux de la Bégum, "cette petite Miss France 1930, née Yvette Labrousse à Sète et qui du jour au lendemain, suivant les voies du conte de fée, a roulé bosse et carrosse en exposant ses bijoux, ses genoux, ses cailloux de Castafiore évalués alors à cinq cents patates. Vincileone se chargea de la soulager de tout ce poids alors qu'il aurait pu se contenter de diriger son restaurant La daurade."

Ce petit ouvrage qui vaut quand même 12 euros est un hybride un peu frustrant. En tant que plaquette artistique, il n'est pas abouti tant au niveau du papier, que des numéros sous les portraits, et surtout de la couverture dont le logo et les caractères verts font penser à un fascicule de communauté de communes. Et en tant que texte, on aurait aimé plus de développement car, avec l'humour de l'auteur, cette énumération de truands mourant d'indigestion de pruneaux avait les atouts pour devenir une belle saga.

Citation

Sous l'égide du nouveau maire Ribot, en 1931, Simon Sabiani est réélu premier adjoint [...] un an après son entrée en fonction, on constate que la municipalité dont la vocation n'est pourtant pas le reclassement des mauvais garçons, s'est enrichie de soixante-sept repris de justice. Vous me direz que le gouvernement Balladur, lui, a pu s'enorgueillir de 41,4 % de mis en examen, c'est vrai mais le précurseur n'en demeure pas moins l'illustre Sabiani.

Rédacteur: Michel Amelin mardi 09 octobre 2012
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page