Lettres de Carthage

C'est dur d'être un noir, ça t'es déjà arrivé de l'être ? moi, oui, une fois, quand j'étais pauvre.
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mardi 11 août

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Roman - Noir

Lettres de Carthage

Social MAJ mardi 16 octobre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Bill James
Letters from Carthage - 2007
Traduit de l'anglais par Fabienne Duvigneau
Paris : Rivages, octobre 2012
24 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2406-4
Coll. "Thriller"

Actualités

  • 14/06 Prix littéraire: Sélections 2013 des Grands Prix de la littérature policière
    Mercredi 12 juin s'est tenue à la BiLiPo une rencontre des jurés du Grand Prix de la littérature policière afin de dévoiler les deux sélections finales ("Roman francophone" et "Roman étranger"). Au cours de cette réunion, un hommage particulier à été rendu à Jean-Jacques Schléret, récemment décédé, membre du jury. En attendant les noms des lauréats, qui seront connus des jurés après la délibération finale du mardi 17 septembre 2013, voici le détail des sélections. Il est à noter que chaque sélection propose son lot de surprises, mais qu'il y a de toute évidence une plus grande diversité éditoriale dans la sélection francophone. Ainsi, l'on dénombre des ouvrages de chez Serge Safran, de La Manufacture de livres ou des éditions La Branche dans les "Romans francophones", alors que les "Romans étrangers" s'octroient des ouvrages de chez Liana Levi ou Baker Street. Mais les éditeurs qui sont les grands gagnants sont Rivages, Gallimard et Gallmeister. Les grands perdants sont à coup sûr Calmann-Lévy, Le Seuil et Actes Sud (même si l'on dénote un roman paru aux éditions Jacqueline Chambon, qui entretiennent un lien privilégié avec la maison fondée par Hubert Nyssen). Mais foin de forfanteries, les sélections !

    Romans français :
    - Rainbow Warriors, de Yal Ayerdhal (Au Diable Vauvert) ;
    - La Fille de Hahn Hoa, de Thomas Bronnec (Rivages, "Noir") ;
    - Ne lâche pas ma main, de Michel Bussi (Presses de la Cité, "Domaine français") ;
    - L'Assassin à la pomme verte, de Christophe Carlier (Serge Safran) ;
    - Un long moment de silence, de Paul Colize (La Manufacture de livres) ;
    - Des nœuds d'acier, de Sandrine Collette (Denoël, "Sueurs froides") ;
    - Le Dernier des treize, de Mercedes Deambrosis (La Branche, "Vendredi 13") ;
    - I Cursini, d'Alix Deniger (Gallimard, "Série noire") ;
    - L'Expatriée, d'Elsa Marpeau (Gallimard, "Série noire") ;
    - Les Nuits de Patience, de Tobie Nathan (Rivages, "Thriller") ;
    - Un homme effacé, d'Alexandre Postel (Gallimard, "La Blanche") ;
    - J'ai fait comme elle a dit, de Pascal Thiriet (Jigal, "Polar") ;
    - Le Dernier Lapon, d'Olivier Truc (Métailié, "Noir") ;

    Romans étrangers :
    - Boulevard, de Bill Guttentag (Gallimard, "Série noire") ;
    - Les Mères, de Samantha Hayes (Le Cherche midi, "Thriller") ;
    - Lettres de Carthage, de Bill James (Rivages, "Thriller") ;
    - Dark Horse, de Craig Johnson (Gallmeister, "Noire") ;
    - 22/11/63, de Stephen King (Albin Michel, "Romans étrangers") ;
    - Le Royaume des perches, de Martti Linna (Gaïa, "Polar") ;
    - Une belle saloperie, de Robert Littell (Baker Street) ;
    - Il faut tuer Lewis Winter, de Malcom Mackay (Liana Levi, "Policier") ;
    - Traversée vent debout, de Jim Nisbet (Rivages, "Thriller") ;
    - Le Tueur se meurt, de James Sallis (Rivages, "Thriller") ;
    - Dernière nuit à Montréal, d'Emily St. John Mandell (Rivages, "Thriller") ;
    - Cuba libre, de Nick Stone (Gallimard, "Série noire") ;
    - Impurs, de David Vann (Gallmeisterr, "Nature writing") ;
    - Lumière dans une maison obscure, de Jan Costin Wagner (Jacqueline Chambon, "Roman policier") ;
    - Pike, de Benjamin Whitmer (Gallmeister, "Noire").
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Jeux de correspondance

Caton l'Ancien, sénateur romain, rappelait chaque jour à ses concitoyens qu'il fallait détruire Carthage, cette ville qui menaçait l'expansion de l'empire romain naissant. Aujourd'hui, Carthage n'est plus une splendide cité, où séjourna aussi quelques années les pensées de Gustave Flaubert alors qu'il écrivaitSalambo, mais une banlieue pavillonnaire chic de l'Angleterre contemporaine. Une banlieue qui ne semble pas concernée par le monde du travail, mais où les propriétaires s'inquiètent de la qualité des sculptures animales réalisées dans les buis des bosquets, où l'on attend la médaille que va donner la Reine pour services rendus à l'Empire et où les maîtresses de maison sont bien obligées de nettoyer les moquettes tachées par les vestiges des partouzes.

C'est ce monde de faux semblants que décrit avec un soin attentif Bill James. Pour en cerner la bizarrerie, avec une ironie mordante, il écrit un roman épistolaire. Là où justement le roman par lettres jouait avec la connivence des lecteurs - la lettre racontait des événements ou des sentiments que l'auteur de la lettre ressentait ou vivait -, Bill James fait un pas de côté. Les lettres sonnent juste, mais des fêlures apparaissent régulièrement et décrivent une situation tordue : pourquoi Jill écrit-elle sans arrêt à sa mère pour évoquer les dangers de sa situation conjugale tout en restant avec son mari ? Pourquoi le dit mari manifeste-t-il autant de gentillesse et en même temps passe-t-il autant de temps à espionner sa femme ? Quel rôle joue la voisine, membre des services administratifs de la police ?
Par petites touches, chaque lettre dresse un portrait plausible mais où l'on sent les failles, comme ces cauchemars éprouvants où nous savons qu'il y a une menace diffuse, dans l'atmosphère, invisible mais pesante. Plus les lettres se succèdent, plus le sentiment de réalité se disloque et perturbe le lecteur tout en restant éminemment logique et crédible. Les "chutes" finales, révélations étranges, expliquent la situation mais en même temps, Bill James a si bien réussi son coup que nous ne savons pas quelles fins sont réelles et lesquelles sont le fruit de l'imagination des protagonistes.

Comme dans les derniers romans de James Graham Ballard, qui exploraient aussi les banlieues modernes des classes aisées ou les films de David Lynch, Lettres de Carthage explore ce moment où la normalité va basculer dans l'horreur, comme cette horreur est déjà contenue dans l'atmosphère de normalité, comme l'attente longue et pénible d'un orage qui doit éclater mais se fait attendre. Derrière l'orgueilleuse beauté de Carthage, il y a toujours un Caton qui appelle à la détruire et la destruction arrivera.

Nominations :
Prix Mystère du Meilleur roman étranger 2013
Prix Arsène Lupin 2013

Citation

Quelques embarras risquerait d'en surgir, surtout si le blason de votre distinguée famille venait à s'étaler sur un de ces vulgaires tabloïds en raison d'allégations invoquant des actes inconvenants.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 27 juin 2013
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