Eaux troubles en Morbihan

Pietro s'était inquiété de la floraison d'interprétations étranges et dangereuses qui voyaient l'œuvre de son père comme une écriture sacrée, un livre de prophéties, ou carrément comme le compte-rendu d'un voyage dans l'au-delà...
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Roman - Noir

Eaux troubles en Morbihan

Braquage/Cambriolage - Terrorisme - Trafic MAJ mardi 25 septembre 2012

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 10,04 €

Guillaume Moingeon
Turquant : L'àpart, janvier 2012
320 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-2-36035-069-8
Coll. "Clair de noir"

Pas de remords aux Comores

Les eaux sont troubles mais le roman l'est-il ? En tout cas, il se décompose en trois parties, d'inégale longueur. Il est bien difficile au vu de la quatrième de couverture et du site de l'auteur de ne pas songer qu'il y a dans le ressort de l'intrigue quelques éléments biographiques. La première partie restitue la jeunesse du héros avec pêle-mêle quête du père, petits travaux, découverte de la musique pop rock et de l'amour, rien de neuf mais la mélancolie affleure et donne un petit goût agréable à cette évocation d'une adolescence qui se cherche, entre nostalgie et douce auto-dérision. Le final nous montre le narrateur dans sa vie actuelle aux prises avec une sombre histoire. Un vol de diamants et la mort (accidentelle ?) d'un ami le plonge dans une enquête (peu violente) aux relents d'Arsène Lupin car l'important n'est pas tant de savoir qui est détenteur des bijoux volés que de découvrir leur cachette.

Le cœur du roman, en même temps sa partie la plus longue, est sans doute le plus intéressant. Guillaume Moingeon se sert d'événements réels que sont la vie de Bob Denard, ses coups fourrés, ses mercenaires, ses coups d'État à répétition comme toile de fonds. Le narrateur répond à une petite annonce et sans aucune formation va se retrouver au centre de la prise du pouvoir d'un petit pays de l'Océan Indien, en compagnie de Job renard, un chien de guerre. Toute cette partie est un délicieux mélange auquel s'ajoute un humour léger - le narrateur se retrouve comme un chien dans un jeu de quilles, il ne comprend rien à rien, il voit les professionnels du coup d'État s'agiter, il vit ses amours avec la nièce de Renard. Du coup son équipée improbable au sein d'une force de mercenaires, sur des cargos de fortune, aux prises avec les pirates somaliens, où il faut sans cesse ruser entre les intérêts de la France et son image internationale, est évoqué à la manière d'un Candide ou à la façon dont le rapporta Claude Lelouch dans L'Aventure c'est l'aventure. Les trois parties, chacune avec leur propre mais petit charme, possèdent une unité qui n'apparait pas évidente dans leur liaison, sauf à montrer l'itinéraire d'un homme. En tout cas, Guillaume Moingeon sait aussi raconter une histoire, distiller une tendre ironie sur ses personnages, et offrir ainsi quelques heures de lecture agréable.

Citation

J'avais choisi le plus léger des rouleaux à pâtisserie pour lui défoncer le crane et c'était bien là mon seul sujet d'inquiétude.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 09 septembre 2012
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