Le Roman de Mildred Pierce

- Laissons-le à ses amis, on gagnera un peu de temps. - Combien de temps ? - Je n'en sais rien. Ça dépendra des Sioux. Ils vont pleurer pendant un jour. Et un autre à fumer et à discuter. Avec un peu de chance... Un jour de plus pour se remonter le moral. Mais aucun doute... Ils peindront leurs chevaux et chevaucheront après nous.
Andrew V. McLaglen - La Route de l'Ouest
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samedi 22 janvier

Contenu

DVD - Noir

Le Roman de Mildred Pierce

Social - Assassinat MAJ lundi 10 septembre 2012

Note accordée au livre: 6 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 2,87 €

Michael Curtiz
Scénario adapté de l'œuvre de James Mallahan Cain
Mildred Pierce - 1945
Paris : Warner Bros., août 2008
1 DVD VOST Zone 2 ; noir & blanc ; 19 x 14 cm

Actualités

  • 30/01 Cinéma: Fuller, Aldrich, Siegel & Peckinpah : de la violence à la passion
    À travers la thématique du "Cinéma flamboyant miroir des passions", vous découvrirez quelques films où le couple amoureux est diabolique, à commencer par le prodigieux film de Tay Garnett, Le Facteur sonne toujours deux fois. Vincente Minelli vous emportera, lui, aux antipodes de son cinéma en deux films antagonistes. Mais vous pourrez découvrir tout cela dans l'une des deux salles de L'Action Christine*, le cinéclub parisien. Et si vous zyeutez dans l'autre salle, la violence sera au rendez-vous mais traitée par quatre réalisateurs de génie, et surtout qui savent pourquoi ils ont fait le choix de tels sujets. Alors, serez-vous convaincus ?

    Festival 1 : le cinéma flamboyant miroir des passions
    "Le cinéma est un miroir de la société et reflète nos actes, nos comportements et ce qui les motive. Bien souvent, la motivation est une passion plus ou moins avouée, à laquelle nous résistons ou nous succombons. Or, quoi de plus captivant qu'une histoire inspirée par une passion entraînant des individus vers une vie réussie ou vers leur perte. Il y a tout d'abord la passion amoureuse, et la haine, sa jumelle antagoniste, mais aussi la recherche du pouvoir, la soif de richesse, la volonté de justice, servir une idée, un art, le besoin de créer, la quête de liberté, etc. Ces motivations sont la trame de milliers de films, et furent l'aliment principal des grands studios hollywoodiens comme des producteurs indépendants. Elles inspirent petits et grands réalisateurs qui nous offrent des œuvres inoubliables, comme d'autres, méconnues, patrimoine du grand cinéma, un cinéma flamboyant."

    Mercredi 30 janvier :
    Celui par qui le scandale arrive (Home from the Hill), de Vicente Minelli (14 h 30, 17 h 30 & 20 h 30).
    Jeudi 31 janvier :
    Comme tu me veux (As You Desire Me), de George Fitzmaurice (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Vendredi 1er février :
    La Garce (Beyond the Forest), de King Vidor (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Samedi 2 février :
    Le Facteur sonne toujours deux fois (The Postman Always Rings Twice), de Tay Garnett (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Dimanche 3 février :
    Les Ensorcelès (The Bad and the Beautiful), de Vicente Minelli (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Lundi 4 février :
    The Mortal Storm (The Mortal Storm), de Frank Borzage (14 heures, 16 heures & 18 heures).
    Mardi 5 février :
    Le Roman de Mildred Pierce (Mildred Pierce), de Michael Curtiz (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).

    Festival 2 : Aldrich/Fuller/Peckinpah/Siegel
    "Ces quatre réalisateurs ont un point commun : leurs œuvres ont été fortement critiquées parce qu'elles montraient crûment la violence, que ce soit celle de la guerre, celle de la société ou celle des individus. Contrairement à ce que certains ont cru y voir, leurs réalisations n'en faisaient pas l'apologie. À l'inverse des fabricants contemporains de films réalisés sur des scénarios simplistes bâtis uniquement pour justifier des enchaînements de combats sanglants ou cataclysmiques, Aldrich, Fuller, Peckinpah, Siegel ne mettaient ni complaisance ni sadisme à exposer la brutalité de certaines situations, mais plutôt une grande lucidité. S'il en ressort parfois une certaine fascination, ce n'est dû qu'à leur force d'évocation, à la vision sèchement réaliste et sans concession qu'en donnent ces auteurs. Avec le recul, en revoyant leurs films, nous remarquons qu'ils gardent toute leur efficacité, leur intensité, et nous y décelons plus une dénonciation qu'un éloge de la violence."


    Mercredi 30 janvier :
    L'Invasion des profanateurs de sépultures (Invasion of the Body Snatchers), de Don Siegel (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Jeudi 31 janvier :
    Le Port de la drogue (Pickup on South Street), de Samuel Fuller (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Vendredi 1er février :
    Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? (What Ever Happened to Baby Jane?), de Robert Aldrich (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Samedi 2 février :
    Pas d'orchidées pour miss Blandish (The Grissom Gang), de Robert Aldrich (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Dimanche 3 février :
    Les Chiens de paille (Straw Dogs), de Sam Peckinpah (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Lundi 4 février :
    Ça commence à Vera Cruz (The Big Steal), de Don Siegel (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Mardi 5 février :
    Guet-Apens (Getaway), de Sam Peckinpah (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).


    * L'Action Christine
    4, rue Christine
    75006 Paris
    Tél; : 01.43.25.85.78
    contact@actioncinemas.com
    Liens : Pas d'orchidées pour Miss Blandish |Ça commence à Vera Cruz |Michael Curtiz |Samuel Fuller |Sam Peckinpah |Don Siegel |Robert Aldrich |King Vidor

  • 05/11 Cinéma: Marlene Dietrich et Michael Curtiz
  • 29/10 Cinéma: von Sternberg et Curtiz
  • 13/03 Cinéma: L'Action Christine plonge dans Le Port de la drogue
  • 09/11 Cinéma: Festival film noir à L'Action Christine
  • 16/10 Bibliothèque: Un drôle de comité à Lectoure

Mère assassine ?

Michael Curtiz, réalisateur de l'inoubliable Casablanca avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, adapte en 1945 un roman de James M. Cain porté haut par la grâce et le talent de Joan Crawford (et reconnu comme tel puisque le rôle lui vaudra un Oscar).

Véritable film noir à l'esthétique sûre et maitrisée enjolivée par un noir et blanc où le réalisateur s'en donne à cœur joie pour mieux faire rejaillir l'ombre et la lumière de la justice de Los Angeles, Le Roman de Mildred Pierce débute par le meurtre de Monte Beragon (Zachary Scott étonnant en dandy éhonté et désargenté), dernier mari en date de Mildred Pierce (Joan Crawford troublante dans son rôle de mère aimante) dans leur demeure côtière de la ville aux mille lumières. On ne sait pas qui a tenu l'arme qui a fait feu à de nombreuses reprises sur cet homme.
Dans la séquence qui suit, Mildred tente de se suicider avant d'entrainer un de ses amis, amoureux éconduit, sur les lieux du meurtre où elle essaie de le piéger. Peu après, interrogée au commissariat de police, elle revient sur sa vie au milieu de laquelle figure Velda, ultime enfant d'un couple déchiré, gâtée à outrance et pour qui elle a fait tous les sacrifices allant même jusqu'à se marier avec un homme qu'elle n'aime pas.
Pour la police, le meurtrier ne fait aucun doute. Il s'agit de son premier mari. Il avait un motif et pas d'alibi. D'ailleurs, il a avoué. Mais Mildred ne croit pas à sa culpabilité tout en s'interrogeant sur les raisons de ses aveux...

La moitié du film se réduit presque à un long flashback sur la première vie de Mildred et un mariage raté avec un mari volage et deux filles opposées. Une, garçon manqué, va mourir de pneumonie, l'autre, véritable monstre de vanité à qui Mildred offre tout ce qu'elle désire, n'adore que sa propre personne et l'argent. D'ailleurs, très vite le film se focalise sur cette enfant pourrie gâtée qui joue des sentiments que lui porte sa mère pour la mener par le bout de la baguette.
Joan Crawford a beau dire que "la liqueur des uns est le poison des autres", sa fille est sa faiblesse. Mais par amour pour elle, a-t-elle été jusqu'à tuer son mari ? Car l'on se doute que si Mildred Pierce est interrogée au poste de police alors que son ancien mari a avoué le meurtre, c'est avant tout parce que la police elle non plus ne croit pas à sa culpabilité et tente de démêler un imbroglio familial.
Et c'est là qu'apparait tout le talent de Michael Curtiz associé à des scénaristes parmi lesquels on note la présence de William Faulkner. Il dirige excellemment cinq personnages (deux femmes et trois hommes), manie à l'extrême leurs relations, leurs personnalités. On peut regretter cette caricature de gouvernante noire à la voix horrible. Mais le film est un chef d'œuvre scénaristique qui dépeint les travers d'une société où le rêve américain a vite fait de se transformer en cauchemar. Où la fierté mal placée se paie cash. Où l'argent ne fait pas le bonheur, n'y contribue même pas mais est l'apanage des sans scrupules.

Le Roman de Mildred Pierce : 111 min. réalisé par Michael Curtiz sur un scénario de Ranald MacDougall, William Faulkner & Catherine Turney d'après le roman Mildred Pierce de James M. Cain avec Joan Crawford, Zachary Scott, Ann Blyth, Jack Carson, Eve Arden, Bruce Bennett...
Bonus. Documentaire "Joan Crawford : la star hollywoodienne". Bande annonce de la collection "James Dean".

Illustration intérieure

L'interrogatoire avec Joan Crawford en mère tourmentée.


Citation

Mener une enquête c'est comme fabriquer une auto. Il suffit d'assembler les pièces et on a l'auto. Ou le meurtrier.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 07 décembre 2011
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