The Spiral

La liberté de penser n'existe pas pour l'Inquisition, nul n'a le droit de demander Et si ?, puis de laisser aller son imagination, d'échafauder des hypothèses. Dans un tel climat, comment la connaissance peut-elle progresser ? Le livre que j'écris en ce moment, par exemple, dans mon pays, je serais brûlé pour avoir osé coucher ces idées sur le papier.
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mercredi 26 septembre

Contenu

Téléfilm - Policier

The Spiral

Économique - Assassinat - Artistique MAJ lundi 03 septembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 0 €

Hans Herbots
The Spiral - 2012
Bruxelles : Caviar Films, septembre 2012
couleur ;

Spirale de la mort artistique

"Nous ne sommes pas une dictature, nous n'imposons rien, nous posons la bonne question." Sous la houlette de Victor Ditta alias Arturo, six jeunes artistes des rues vont commettre le plus gigantesque vol d'œuvres d'art depuis la Seconde Guerre mondiale pour alerter l'opinion publique sur les méfaits du capitalisme galopant. Arturo est un street artist qui a fait fortune et qui, tel Batman avec sa façade multimillionnaire, entend la mettre à profit à contre-courant de ce qui se fait car "les riches sont plus odieux et les odieux plus riches". Il a acheté un entrepôt à Copenhague, vaste lieu de création où il permet à différents artistes qu'il a repéré dans la rue, certains anciens junkies, de s'exprimer. Parmi eux, six jeunes qui forment sa garde rapprochée. Qui l'accompagnent au jour le jour (plutôt à la nuit à la nuit) pour des prestations artistiques dans des lieux corrompus par le capitalisme. Ces prestation - qui vont de la dégradation d'œuvre à de récréations à partit d'œuvres existantes - ont coûté quelques vingt-six millions d'euros ce qui a eu pour incidence de lui mettre la Brigade culturelle à dos. Cette Brigade est incarnée par Rose Dubois très vite épaulée par Juha Virtanen, un ancien de la Brigade criminelle et des stups et qui voit sa nouvelle affectation un peu comme une mise au placard.



Tel est le point de départ de cette mini-série de cinq épisodes de quarante-cinq minutes que diffuse Arte à partir du lundi 3 septembre. Une rencontre entre arts et enquête policière de haute tenue coproduite par des télévisions belge, néerlandaise, danoise, norvégienne, finlandaise et suédoise. The Spiral repose sur un casting européen avec mélange des langues, une intrigue internationale rendue ludique par l'apport d'un site Internet, thespiral.eu (le .eu est ici très important, il souligne l'unité européenne derrière le projet), où l'internaute va pouvoir gagner des crédits afin de tracer l'itinéraire postal des tableaux volés à l'aide d'une carte de l'Europe dynamique. Ces crédits n'arrivent pas par hasard. Chacun est censé apporter sa pierre à un édifice virtuel : la plus grande œuvre d'art coopérative jamais créée et projetée le 28 septembre dans différents lieux dont le Parlement européen.

Cette création s'inscrit dans ce que l'on appelle le transmédia, un mot bâtard qui découle du fait que les différents médias peuvent tous être une partie d'un support pour raconter une même histoire. Afin de mettre du rythme après un premier épisode quelque peu poussif, les scénaristes font arrêter Arturo par la Brigade culturelle non sans qu'il soit gravement commotionné et hospitalisé. Les six jeunes artistes, trois garçons, trois filles, réalisent le projet d'Arturo. Six toiles sont dérobées simultanément et déposées à la Poste avec des adresses de destinataire différentes. Mais les six compagnons du crime ludique n'ont pas le temps de se réjouir. Arturo est sauvagement assassiné. Son meurtre précède de peu celui d'un des six. Les cinq se lancent dans une course contre la mort, et ne possèdent que quelques instants d'avance sur la Brigade culturelle et un dangereux assassin. Et la tension monte...

Véritable pamphlet anti-capitaliste, la série joue à la fois sur le suspense (avec un tueur acharné qui élimine ses proies une à une), le glamour (nos six héros sont des acteurs et des actrices renommés dans leurs pays respectifs, ils sont charismatique comme l'est également le couple d'enquêteurs), les méfaits de notre monde, l'inanité des œuvres d'art ("qu'est-ce que l'art ? Vaste question...), la captation du public et l'européanisation culturelle et télévisuelle. Elle y ajoute ce brin de modernité dont on ne sait pas encore s'il sera avec lendemain qu'est le transmédia. Elle cultive ce rythme lent découvert dans les séries nordiques avec le risque de frustrer le téléspectateur avide de frissons dans l'action. Les plans sont superbes, les tableaux, on n'en parle pas. The Spiral réalisée par Hans Herbots avec Tuva Novotny & Donald Högberg (Suède), Tommi Korpela & Elmer Bäck (Finlande), Thure Lindhardt & Paw Henriksen (Danemark), Viktoria Winge & Nils Jørgen Kaalstad (Norvège), Teun Luijkx (Pays-Bas) et Thomas Ryckewaert, Johan Van Assche, Johan Leysen & Lien Van de Kelder (Belgique).

Mini-série (5 x 45 min.) - Arte - chaque lundi du 3 septembre au 1er octobre à 22 h 55.
Internet : thespiral.eu

Illustration intérieure

L'équipe de joyeux casseurs au grand complet avant l'éclatement.


Citation

Nous ne sommes pas une dictature, nous n'imposons rien, nous posons la bonne question.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 03 septembre 2012
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