Une balle signée X

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lundi 23 juillet

Contenu

DVD - Western

Une balle signée X

Psychologique - Assassinat MAJ mardi 28 août 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 9,89 €

Jack Arnold
No Name on the Bullet - 1959
Paris : Mes éditions préférées, juillet 2009
1 DVD VO/VOST Zone 2 ; couleur ; 19 x 14 cm
Coll. "Western"

Paranoïa assassine

Une balle signée X est l'un des plus brillants westerns réalisés par Jack Arnold avec pour anti-héros Audie Murphy, fine gâchette de l'US Army pendant la Seconde Guerre mondiale. Et c'est d'autant plus surprenant qu'il porte réellement le film sur ses épaules, les autres acteurs, qui ont tous une honnête carrière derrière eux, ne sont quand même pas des têtes d'affiche.

Dès le début du film, Jack Arnold nous offre une perspective inversée en deux plans successifs. Le cow-boy du haut de sa colline aride voit l'étendue du chemin qu'il a encore à parcourir, et l'on se dit que l'on a affaire au héros traditionnel messianique, mais dès le plan suivant, c'est un gamin qui l'aperçoit au loin. Il est alors annonciateur d'une sourde menace qui va trouver sa confirmation dans la ville où il arrive. Alors qu'il prend une chambre d'hôtel, tous les regards se braquent sur lui quand il mentionne son patronyme. John Gant. On apprend dès lors que c'est un tueur à gages de la pire espèce, qui attend que sa cible dégaine la première pour pouvoir la tuer en état de légitime défense. Dans une ville aux abois où tous les notables sans exception ont quelques secrets enfouis qu'ils ne souhaitent voir révéler, la tension monte soudainement pour ne pas tarder à exploser.

"Tout le monde a des ennemis." C'est le credo de John Grant, et il se confirme à chaque minute du film. Tout le monde sauf le docteur Luke Canfield (Charles Drake) qui aide son père à la forge et qui va se marier avec la fille (Joan Evans) du juge. D'ailleurs, John Gant aime jouer aux échecs avec lui pendant qu'il attend que le drame qu'il est venu provoquer s'annonce. Il en profite pour discuter philosophiquement de leurs arts à tous deux de guérir le monde qui les entoure  : "Mon prix est élevé. L'homme qui m'engage fait un investissement considérable. La mort d'un homme sans culpabilité vaut rarement autant d'argent. Vous ne me comprenez pas, n'est-ce pas, médecin ?" Pendant ce temps, la ville est en émois. Suicides, fuites et affrontements se multiplient. John Gant est montré du doigt mais il n'est pas le seul responsable. Il est là en qualité de catalyseur du Mal. En totale opposition avec la pensée du médecin pour qui le Jugement dernier seul importe. Cela engendre évidemment de nombreux psychodrames.

Les dialogues incisifs écrits par Howard Amacker et Gene L. Coon sont à double teneur. Ils prennent pour la plupart sens lors du dénouement final, et un second visionnage leur donne encore plus de sel. On découvre alors les nombreux sous-entendus, et l'on s'amuse d'autant plus avec ce jeu jouissif. Et si l'on se doute que John Gant et Luke Canfield vont finir par s'affronter, l'on aura pris le temps dans ce film tout en rythme d'apprécier le cadrage très soigné où les couleurs sont portées haut (surtout la nuit lorsque les fenêtres des maisons sont éclairés), où la caméra se fige sur ces regards angoissés qui contrastent avec celui calme, poli, limite condescendant de John Gant (auquel il faut rajouter la sûreté qui se dégage de ses gestes, et le fait qu'il est peu disert). On ne peut s'empêcher de noter une certaine similitude entre ce film et Le Train sifflera trois fois. Les deux se basent sur l'attente dans une ville, avec la lâcheté galopante de ses habitants. Mais alors que celui-ci se déroule sur plusieurs journées, celui de Fred Zinnemann est en temps quasi réel ajoutant d'autant plus à la tension. Ajoutons que le titre original, No Name On The Bullet a bien plus de charme et de raison d'être que celui en français.

Une balle signée X : 77 min. réalisé par Jack Arnold sur un scénario de Howard Amacker et Gene L. Coon avec Audie Murphy, Charles Drake, Joan Evans, Virginia Grey...

Citation

Maintenant, je vous préviens. Je resterai ici jusqu'à ce que je sois prêt à partir. Mon revolver me rapporte de l'argent et je n'aime pas travailler pour rien. Mais venez m'ennuyer encore et je devrai enfreindre mon propre règlement.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 26 août 2012
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