Vengeance sans visage

Son cœur semblait battre un peu plus fort. Il s'efforçait à présent de se glisser dans cette mer calme, proche du néant, où le point situé au bout de son doigt prenait le relais, tel un pilote automatique, déchiffrant le jeu du réticule, s'adaptant à son rythme, prévoyant sa direction.
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Roman - Policier

Vengeance sans visage

Vengeance MAJ lundi 30 juillet 2012

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Fabrice Pichon
Gy : Le Citron bleu, janvier 2012
290 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 979-10-90998-00-1
Coll. "Série noire en Franche-Comté"

Besançon noir

Vengeance sans visage, le roman de Fabrice Pichon, s'ouvre sur deux morts horribles où les victimes ont été crucifiées en des lieux de Besançon à l'aide d'outils de géomètres. Et l'on se doute que cela a un rapport avec leurs activités dans l'immobilier. L'auteur va donc montrer comment son équipe de policiers dirigée par le commissaire Nicoles Desvignes va essayer de comprendre quelle vengeance diabolique se cache derrière ces meurtres, peut-être annonciateurs d'autres. La vengeance est une émotion étrange car elle joue sur deux registres totalement différents à la fois. Tout d'abord, c'est une réaction violente, de colère, à l'égard de quelqu'un que l'on estime responsable de ses malheurs, ce qui en fait donc une passion instinctive. Enfin, la vengeance, pour s'accomplir, doit être réfléchie, se peser avec soin pour que l'autre soit détruit à la mesure du préjudice que l'on a pense-t-on subi. Elle est l'objet d'un plan longuement défini et mûri que l'on veut impeccable pour que la "punition" soit complète. Ces deux aspects légèrement contradictoires se trouvent réunis dans ce roman au titre imagé, et qui d'ailleurs évoque un autre problème : pour être réussie une vengeance ne doit-elle pas être comprise par celui qui la subit et donc posséder un visage ? Évidemment, pour rythmer son intrigue, Fabrice Pichon nous propose une affaire parallèle. Nicole Desvignes, chargée de l'enquête, doit s'occuper d'un cas bien particulier. En effet, un des ses meilleurs adjoints vient de se suicider pour échapper à une sombre histoire de corruption. Elle le croit innocent, mais lorsqu'elle découvre des liens étranges entre ce propre adjoint et le passé des victimes torturées, les choses se compliquent. Fabrice Pichon joue sur deux registres d'inégale qualité avec une intrigue qui laisse quand même la place libre à des éléments peu crédibles (la mise en scène du suicide), des deus ex machina un peu fabriqués (le véritable coupable, sa sœur...) et la description d'une vengeance assez bien décrite en utilisant, comme nous sommes dans un polar régional, les intérêts géographiques (le Doubs) qu'il prend comme cadre, avec des personnages auxquels on s'attache. L'ensemble réussit à former un bon roman noir régional qui offre une première carte de visite intéressante à son auteur.

Citation

Elle sait qu'elle devrait arrêter, mais pas maintenant, pas ce soir. Elle a eu peur, elle doit sentir que la vie court dans sa gorge et ses poumons. Encore une bouffée. Elle est en vie.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 30 juillet 2012
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