Le Carnet de la mathématicienne

Et cette odeur-là, les murs de l'hosto en sont barbouillés, imprégnés, imbibés. On peut laver, javelliser, il n'y a rien à faire. Coucou me revoilà, c'est moi la puanteur, je reviens te chatouiller les narines, tu as essayé de me chasser, mais je te colle à la peau. L'odeur de l'hosto. Pas de l'hôpital, de l'hosto. De l'hosto à vieux. De la décharge à vieux.
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Contenu

Roman - Thriller

Le Carnet de la mathématicienne

Assassinat - Scientifique MAJ lundi 23 juillet 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 24 €

Michelle Richmond
No one you know - 2008
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Sophie Aslanides
Paris : Buchet Chastel, mai 2012
448 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-283-02476-8
Coll. "Littérature étrangère"

Adéquation d'inconnus

Il paraît qu'il y a dans les mathématiques pures une certaine élégance. C'est en tout cas l'impression que Michelle Richmond veut transmettre à travers son intrigue. Une volonté d'élégance, de légèreté, de musicalité et de nostalgie pourtant en s'inspirant d'une histoire violente. Lila a été une jeune mathématicienne talentueuse de l'université de Stanford. C'était avant qu'elle ne soit retrouvée assassinée. Ellie, sa sœur, recherche alors le réconfort auprès de son petit ami, mais ce dernier se sert d'elle pour écrire un livre sur le meurtre et devient ainsi un auteur célèbre. Près de vingt années passent, et Ellie fait la rencontre de Peter Mc Connell, au Nicaragua, qui l'oblige à revenir sur ce passé douloureux, et à effectuer sa propre enquête car elle est persuadée que ce Peter Mc Connell n'est autre que l'assassin de sa sœur...

Nous sommes sur la côte Ouest des États-Unis, mais là où l'on pense soleil californien il faudrait plutôt voir brumes de San Francisco. C'est le cas ici, dans un texte rongé de l'intérieur par la mélancolie, les destins brisés, les routes qui ne furent pas prises. Car Lila était sur le point de réussir à appréhender une formule mathématique de taille, et son amant allait devenir célèbre. C'est la restitution de ces destins brisés, de ces avenirs inexistants, de ces promesses non tenues qui font baigner ce Carnet de la mathématicienne dans une atmosphère élégiaque et mélancolique. En parallèle le retour sur le passé permet de montrer sans appuyer combien le meurtre a traumatisé l'entourage de Lila et d'Ellie. Leurs parents, leurs amis, le gardien même de l'université dans laquelle travaillait Lila, y compris d'ailleurs l'assassin.

Mais s'il y a bien résolution de l'énigme par Michelle Richmond, ce n'est pas de manière triomphale. C'est comme un apaisement, comme une façon d'achever de manière élégante son histoire. Elle parsème son texte d'anecdotes fines sur le café, (Ellie exerce le métier du gringo qui parcourt le monde pour chercher des bons cafés), la beauté des mathématiques ou des astuces intelligentes et sensibles pour écrire son histoire. Des anecdotes qui ne dénaturent pas le texte mais lui correspondent pour former un tableau léger, pour montrer comment finalement la mélancolie adoucit la vie à la manière dont l'automne adoucit les chaleurs, sans les ternir mais en leur donnant un autre éclat.

Citation

Ensemble nous allumâmes un cierge pour Lila. Ma mère pria à haute voix, et je priai aussi, chose que je n'avais jamais faite, depuis mon enfance.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 23 juillet 2012
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