Descente au paradis

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mercredi 19 septembre

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Roman - Noir

Descente au paradis

Politique - Corruption MAJ mardi 10 juillet 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,9 €

Éric Jamois
Paris : La Manufacture de livres, avril 2012
224 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-35887-039-9

Hard boiled à l'allemande

Éric Jamois est plasticien et cela se remarque au fil d'une histoire qui va utiliser des éléments très visuels comme des bandits avec des masques de Mickey qui vomissent, des vieilles voitures américaines jaunes, des menaces de mort ponctuées par des doigts envoyés aux futures victimes, et des kiosques à nourriture trainés dans les rues. Descente au paradis se situe dans une atmosphère étouffante, et la chaleur de l'été. Des élections vont avoir lieu et le maire, qui craint pour sa réélection, a embauché des truands pour créer tension et insécurité. Mat est venu dans la ville pour suivre la femme de sa vie. Il survit grâce au poker mais c'est une période un peu noire. Et lorsqu'il rentre et qu'il découvre sa compagne dans le lit avec un autre, il pète les plombs...

Le résumé de ce début d'intrigue pourrait laisser penser que nous nous trouvons dans un polar américain classique, et pourtant ce n'est pas le cas. Déjà parce que le personnage central de l'histoire est, comme son auteur, français. Mais il est dépaysé car l'intrigue se déroule en Allemagne, et que la compagne qu'il a suivie à Hambourg est justement chargée de la communication du maire. Peut-être aussi parce que les grandes villes allemandes depuis la Deuxième Guerre mondiale se sont tellement américanisées qu'il est difficile d'y voir des différences profondes. À ce titre les premières pages alignent des Gloria, des burgers, des parties de poker, et c'est du coup l'annonce de la ville État de Hambourg et de son maire qui apparaissent comme étrange. Éric Jamois limite sa description de la ville et des personnages à quelques éléments pour se concentrer sur son amateur de poker. Lui se retrouve coincé dans un engrenage qui dérape, qui s'échauffe dans le bouillon de la moiteur urbaine. C'est cette chaleur qui est le véritable deus ex machina de l'histoire. Mais tout ce décor, cette noirceur "américaine", n'empêchent pas l'auteur de manier l'humour, de s'amuser avec son histoire, que ce soit au niveau de ce qui est raconté ou des images qu'il véhicule. Il réussit ici le bon équilibre entre hommage et parodie, entre filiation dans le genre calibré et distanciation moderne, à l'image du titre qu'il a donné à son livre.

Citation

Je ne connais pas de pires endroits pour se taper des histoires interminables, des histoires de merde, d'existence engourdie où t'as intérêt à croire en la réincarnation si tu y cherches quelque chose de positif, un espoir, allez, la prochaine sera la bonne, so long.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 05 juillet 2012
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