Le Premier appelé

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Roman - Noir

Le Premier appelé

Historique - Énigme MAJ mercredi 11 juillet 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Christian Ego
Paris : Le Toucan, novembre 2011
512 p. ;
ISBN 978-2-81000-461-4
Coll. "Toucan noir"

Que ne ferait-on pas pour un trésor ?

La chasse au trésor reste, encore aujourd'hui, un élément moteur d'intrigues, qu'il s'agisse de traquer de l'or, des bijoux ou des pièces archéologiques. Christian Ego, avec ce sujet, brosse une histoire passionnante, trouvant son origine quelques décennies plus tôt.

En août 1941, les armées allemandes envahissent l'Ukraine. À Kiev, l'archimandrite convainc le général russe de la place de lui fournir les moyens de mettre à l'abri des trésors religieux cachés dans un monastère. C'est au capitaine Pietr Kresenski qu'échoit la mission, avec deux camions. Mais, sur le chemin, ceux-ci sont la cible d'avions de chasse. Un véhicule est détruit, et Pietr trouve refuge dans la forêt voisine.
Une section de la LVF (Légion des Volontaires Français), proche des lieux, est chargée de récupérer le camion. Un engin en état de marche est précieux. Le lieutenant Estivareille et ses hommes sont intrigués par le chargement. Ils ouvrent la caisse soigneusement scellée. Face aux richesses qu'ils découvrent, le lieutenant estime qu'il s'agit d'une prise de guerre, et tous décident de cacher ce trésor pour revenir le chercher plus tard. Les douze hommes prêtent serment.
C'est en 2003 que Louis Gauthier, le dernier survivant, monte une opération de récupération avec une fille et deux fils de ses anciens camarades. Jean-Paul et Gilles ont été en Ukraine et sont revenus sans encombre. Laura Estivareille, avec des moyens modernes de surveillance et de communication, assure la liaison.
Mais, pourquoi les deux hommes, dont les corps sont retrouvés dans la carcasse de leur fourgonnette calcinée, ont-ils quitté brutalement la villa, malgré les consignes, avec le précieux chargement ? Évelyne Delmas, de la DRPJ de Versailles, mène l'enquête. Celle-ci se complique lorsque les policiers retrouvent des impacts de balles sur l'épave, et qu'ils sont convaincus que l'incendie a été provoqué par une grenade incendiaire.
Qui peut avoir connaissance de l'affaire et être suffisamment informé pour pouvoir s'emparer du trésor ?

L'intrigue, imaginée par Christian Ego, plonge ses racines dans la Seconde Guerre mondiale, une période faste en occasions de toutes natures, même les plus incroyables, et dans un pays où la loi du secret prévalait sur toutes autres. Sur ces bases, l'auteur projette son action au début des années 2000, pour des raisons de crédibilité. En effet, il a fallu attendre la chute du Rideau de fer. De plus, notre époque récente offre, avec les moyens technologiques nouveaux, nombre de possibilités de rebondissements. La disparition "naturelle" des acteurs de 1941 permet d'introduire des personnes nouvelles au vécu, aux motivations différentes.
L'auteur conçoit une intrigue parfaitement cohérente, aux péripéties étayées, s'enchainant naturellement les unes aux autres, sans heurts ni cassures.

Pour faire vivre son récit, il imagine une galerie de personnages construits avec minutie. Les profils psychologiques sont étudiés, approfondis, avec un souci d'objectivité, même pour les "méchants".
Il élabore des portraits de femmes d'une grande beauté, empreints de véracité.

Il donne un fondement historique avec Saint-André et avec la LVF, la Légion des Volontaires Français. Ce régiment, crée en juillet 1941 par les ténors des partis collaborationnistes de l'Hexagone, a été engagé au côté de l'armée allemande dans une lutte antibolchévique. Il retrace, ainsi, les choix laborieux, les difficultés de cerner la réalité dans un monde de mensonges. L'auteur ne juge pas, ne cautionne pas, n'excuse pas, mais donne des raisons, raconte le cheminement qui peut expliquer, dans un contexte de grands troubles, le choix de cartes biseautées. Il faut se rappeler que la majorité des Français ont rejoint le gaullisme à l'automne 1944, quand ils ont été certains que les forces alliées ne seraient pas rejetées à la mer.

Le Premier appelé se révèle un roman fort bien construit, avec tous les ingrédients d'un polar historique. Il se lit avec beaucoup d'intérêt et propose une conclusion délicieusement amorale. Aussi, ne faut-il pas s'étonner que ce livre ait été couronné par le Prix du Polar historique 2012, au salon de Montmorillon.

Nominations :
Prix du premier roman policier de la Ville de Lens 2013

Citation

J'ai passé près de trois ans avec leurs pères dans le merdier russe et on a eu des liens très forts. À la vie à la mort

Rédacteur: Serge Perraud mardi 03 juillet 2012
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