La Mauvaise femme

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jeudi 15 novembre

Contenu

Roman - Policier

La Mauvaise femme

Historique - Enlèvement - Faits divers MAJ jeudi 21 juin 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Marc Pastor
La Mala dona - 2008
Traduit du catalan (Espagne) par Marie Vila Casas
Paris : Jacqueline Chambon, juin 2012
400 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-330-00980-9
Coll. "Roman policier"

Amours, délices et ogres

Jack l'éventreur, cela évoque forcément les brumes du Nord. Aussi, Marc Pastor, lorsqu'il a trouvé un faits divers sordide dans cette Barcelone qu'il connait bien s'est-il empressé de dépayser un tueur en série sous des cieux plus sudistes. Au début du XXe siècle (la période n'est pas anodine), sévit la criminelle Enriqueta Marti Ripolles, surnommée "la vampire". C'est une maquerelle qui s'est spécialisée dans l'enlèvement et la vente d'enfants afin de satisfaire les pulsions de bourgeois pervers. Cela n'inquiète pas outre mesure les autorités car ce sont des enfants pauvres, nés de prostituées, et la police corrompue à tous les étages de sa hiérarchie a mieux à faire avec les anarchistes, les agitateurs politiques, bref tous ceux qui empêchent le capitalisme florissant d'asseoir son pouvoir sur cette Espagne qui veut entrer dans la modernité.

La force de La Mauvaise femme réside justement dans ce coup de projecteur sur une mutation qui, si elle touche les élites, laisse sur le carreau de nombreux Espagnols. Le roman joue sur l'antagonisme entre la science et le progrès. On commence à parler d'empreintes, de recherches scientifiques, et le retard des populations où subsistent en pleine ville des rebouteux, des alchimistes, des potions concoctées avec des chairs d'enfants est de nos jours plutôt effrayant. Cette atmosphère de roman feuilleton, en concordance avec l'époque décrite (les tueurs en série sont presque des vampires, on se cache dans des taudis dignes de ceux décrits par Eugène Sue ou Ponson du Terrail) donne à La Mauvaise femme une ambiance gothique fascinante.

L'intrigue est renforcée par le fait que l'histoire basée sur des faits divers réels mais librement adaptée est racontée par la Mort qui intervient dès les premiers mots et donne ainsi le ton. Comme on s'aperçoit que le personnage central est un policier corrompu mais désireux de rendre justice aux pauvres, déchiré dans sa vie affective, cherchant la paix en s'endormant dans les bras des filles de mauvaise vie, on se doute que sa trajectoire sera fatale, ce qui renforce encore l'atmosphère lugubre qui baigne le récit. Face à lui, les "méchants" sont décrits avec soin, leurs actions ne sont pas occultées mais présentées avec leurs doutes et leurs faiblesses, et ils deviennent aussi vivants que le policier. Reconstitution solide d'une époque, vitalité des personnages, force de l'intrigue, La Mauvaise femme est un élément de plus prouvant la qualité et la force du roman policier espagnol.

Nominations :
Grand prix de la littérature policière - roman étranger 2012

Citation

Les vampires sont des créatures nocturnes qui se transforment en chauve souris et ont peur des croix. Vu le nombre d'églises qu'il y a dans les rues de cette ville, et étant donné qu'une bête de deux mètre d'envergure survolant les rues serait peu discrète, nous écarterons cette piste.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 17 juin 2012
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