Le Bal des iguanes

Le monde est plein de dégénérés pour qui les autres sont des éléments du paysage où se déroule leur vie. Ces dingues ne voient pas les gens, ils n'ont pas conscience de leur existence, ils leur marchent dessus ou les transpercent, les utilisent, les écrasent et les jettent comme des déchets.
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mardi 13 novembre

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Roman - Thriller

Le Bal des iguanes

Huis-clos - Assassinat MAJ jeudi 14 juin 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 6,5 €

Brice Tarvel
Triel-sur-Seine : Lokomodo, avril 2012
324 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-35900-091-7
Coll. "Polar", 11

Naufrage de la vieillesse

Parmi les premiers romans que fit paraitre Thierry Jonquet, Le Bal des débris évoquait la vieillesse et les maisons de retraite. Il y a sans doute beaucoup de ressemblances entre les vieillards et les animaux, ne serait-ce qu'une certaine qualité de rides. Différence de taille, le texte de Jonquet se situait dans une maison gériatrique moyenne, celle des Myriadines proposée par Brice Tarvel dans Le Bal des iguanes s'enorgueillit de ses tarifs prohibitifs et de sa clientèle haut de gamme : riches propriétaires, animateurs télévisés, vieilles actrices. Il y a aussi des concordances entre des reptiles et les façons de fonctionner en se servant principalement de son cerveau reptilien de certains des pensionnaires des Myriadines, car la richesse n'empêche pas les pulsions : un des pensionnaires s'est mis en tête de violenter une jeune infirmière pour lui donner un enfant, un autre est soupçonné d'avoir été un tueur en série cannibale...

La maison de retraite est un monde clos, aux règles pesantes, où tout peut se passer, tout pourrait exploser lors du bal annuel des pensionnaires où chacun risque de se livrer à un débordement déréglé des sens. Lise jeune aide-soignante qui vient d'arriver découvre une de ses collègues, morte, sans doute assassinée par un pensionnaire mais tout le monde veut étouffer l'histoire, y compris Lise qui cache peut-être de bien vilaines pensées. Le récit est donc la rencontre de ces différents éléments, chacun déjà explosif en soi, pour constituer un petit récit nerveux, toujours prêt à basculer du côté du gore (l'auteur s'y étant déjà livré), mais ne s'y engouffrant pas. Le roman tient par sa construction, par sa montée du suspense, pas sa description du milieu clos et glauque, comme si le mot même d'iguane gangrenait l'atmosphère du texte, le rendant visqueux, ridé et préhistorique, révélant des pulsions ancestrales. Finalement, la canicule n'est pas la pire chose qui puisse arriver dans un hôpital gériatrique.

Citation

L'angle aigu de la lame du hachoir frappa le cou de Vauquelin à hauteur de la pomme d'Adam, y traçant un court sillon d'où jaillit un sang mousseux, plein de bulles, qui se mit à ruisseler comme un coulis sur le torse puissant couvert de boucles grises.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 11 juin 2012
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