Une indiscrétion

Le fromage n'ayant pas été entièrement consommé, une analyse fut effectuée par Monsieur Ch. Camus, pharmacien à Saint-Amand. Ce praticien trouva dans les détritus ainsi récupérés (le dixième à peine de la totalité du fromage) une quantité d'arsenic capable d'empoisonner vingt personnes.
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jeudi 20 juin

Contenu

Roman - Policier

Une indiscrétion

Psychologique MAJ lundi 11 juin 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,9 €

Malvina Tedgui
Paris : Le Manuscrit, mai 2011
296 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-304-03758-6
Coll. "Polar"

Vous reprendrez bien un biscuit avec votre thé ?

Vous aimez les détectives mal rasés, un peu trop portés sur la picole et la gitane maïs, les putes au cœur tendre et aux cuisses accueillantes (et réciproquement), les flics véreux, gras et transpirant des aisselles, les caïds de banlieue, aux doigts chargés de bagouzes grosses comme des noix ? Vous aimez les échanges virils, les "If you fuck me, I fuck you, man" ou autres "j'vais t'exploser ta sale gueule d'enculé de fils de pute", les coups de flingues en veux-tu en voilà ? Alors n'allez pas plus loin, Une indiscrétion n'est pas pour vous.
Non, l'univers de Malvina Tedgui est beaucoup plus feutré, nettement plus civilisé. On y mouche son nez avant de dire bonjour à la dame et on n'y pose pas ses coudes sur la table. Rachel, l'héroïne, psychanalyste, femme mûre et distinguée, préférant la puissance de ses neurones à celle de ses muscles, nous rappelle ainsi plus Miss Marple que Lara Croft (ce qui ne l'empêche pas de se faire culbuter sur le canapé du salon, à l'occasion, mais une fois tous les deux ans seulement, apparemment, ce qui reste raisonnable).
Un soir, alors qu'elle revient du restaurant avec Blanche, une de ses amies, Rachel découvre dans son jardin un drôle de paquet : une fillette vivante emballée comme une momie dans des bandelettes blanches. Ce curieux présent est accompagné d'un mot énigmatique : "De la part d'une vieille connaissance". L'histoire est lancée et Rachel, entre deux tranches de gâteau et trois tasses de thé, soutenue par une poignée d'amis, va s'attacher à démêler les fils de ce mystère dans lequel elle se trouve plongée bien malgré elle.
La progression du roman est rythmée et assez habilement menée, même si la chute, guère crédible et plus ou moins bâclée, gâche un peu l'impression positive qui avait prévalu tout au long de la lecture. Mais, malgré ce réel bémol, le roman de Malvina Tedgui se lit sans déplaisir, car son style est fluide et ses personnages consistants. Sa manière de construire les dialogues laisse deviner la praticienne qui a l'habitude de mener des entretiens (thérapeutiques, puisque, à l'image de son héroïne, elle est psychanalyste). C'est dans ce registre du dialogue qu'elle m'est sans conteste apparue la plus performante et la plus originale, notamment dans les scènes de confrontations entre Blanche et Rachel.
Je me demande d'ailleurs si Malvina Tedgui ne commet pas une erreur en voulant tracer sa voie, à tout prix, dans le domaine du roman policier. Son sens de l'intrigue apparaît plutôt hasardeux dans cet ouvrage, ses méchants sont très improbables et ses flics ressemblent à des flics comme moi à Brad Pitt (je suis beaucoup plus beau). En tant qu'auteure, elle est plus douée, me semble-t-il, pour développer des atmosphères intimistes, essentiellement basées sur la psychologie des personnages. Je la verrais très judicieusement abandonner le cadre étroit du polar pour se lancer dans des récits plus "existentiels" ou des études de mœurs, faisant la part belle aux dialogues et axées sur la description et le décryptage des relations humaines.
Il n'en demeure pas moins qu'Une indiscrétion reste un roman sympathique, attachant, au charme un peu désuet, suranné, qui a le souci de ne pas coller à tout prix aux canons éculés du récit policier et qu'à ce titre, au moins, il mérite toute notre attention.
Ah si ! Quand même, pour finir : je n'ai toujours pas compris à quelle "indiscrétion" le titre faisait référence. C'est ballot !

Vous pouvez retrouver toutes les chroniques à L'Heure des comptes !

Citation

L'humour est toujours une façon d'être élégamment méchant.

Rédacteur: Stéphane Beau mercredi 23 mai 2012
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