Une guerre de génies, de héros et de lâches

Elle avait juste envie de se cacher du monde, de paresser en cuvant son vin, loin de sa famille intrusive, des responsabilités, de la trahison et des larmes. elle voulait échapper à sa vie, au moins pour quelques larmes.
M. J. Arlidge - La Maison de poupée
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jeudi 29 octobre

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Roman - Thriller

Une guerre de génies, de héros et de lâches

Historique - Guerre MAJ jeudi 16 mai 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Barouk Salamé
Paris : Rivages, mars 2012
288 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2337-1
Coll. "Thriller"

Actualités

  • 16/05 Salon: Comédie du livre de Montpellier
    Dans le cadre de la Comédie du livre de Montpellier qui aura lieu du 7 au 9 juin prochains, plusieurs micro-événements sont d'un domaine k-libre.
    Il y a tout d'abord un thé littéraire animé par Bachir Dahak le vendredi 7 juin à 18 h 30 à l'Espace Coup de Soleil - Esplanade Charles de Gaulle. Cette année, l'Algérie est l'invité d'honneur d'une manifestation qui s'intéresse aux littératures contemporaines du Maghreb. Aussi la place de Barouk Salamé n'est-elle absolument pas usurpée ! Le thé littéraire aura pour fil conducteur "Algérie : génies, héros et lâches", qui n'est pas sans rappeler le titre du dernier roman paru de l'auteur chez Rivages dans la collection "Thriller", Une guerre de génies, de héros et de lâches.
    Le samedi 8 juin à 10 heures ce sera le tour de Jacques Ferrandez d'être à la rencontre de ses lecteurs pour parler de son adaptation d'un roman d'Albert Camus L'Étranger en Bande dessinée chez Casterman. La rencontre qui se déroulera elle aussi à l'Espace Coup de Soleil - Esplanade Charles de Gaulle sera présentée par Michèle Rodary.
    Toujours le samedi 8 juin, à 15 h 30, mais à l'Auditorium du Musée Fabre, une table-ronde animée par le libraire Jérôme Dejean permettra à Jacques Ferrandez et Barouk Salamé de débattre sur le thème "Les Algéries noires" où quand la Grande Histoire rencontre le récit noir. Nous ne reviendrons pas sur le dernier roman de Barouk Salamé dont il sera longuement question ici, mais insisterons sur l'adaptation par Jacques Ferrandez d'Alger la noire, de Maurice Attia. Une bien belle discussion en perspective.
    Enfin, le samedi 8 juin à 20 h 30, la Salle Pasteur - Corum offrira un grand entretien avec Yasmina Khadra. Grand romancier contemporain qui a fait ses classes au sein de la littérature noire, Yasmina Khadra proposera une promenade au fil de son œuvre animée par Guy Dugas, directeur de l'IRIEC (Université de Montpellier III).

    Cette dépêche ne saurait être complète si elle omettait d'annoncer, qu'en marge de la thématique principale de la Comédie du livre, la collection "Grands détectives" des éditions 10-18 n'en profitait pour célébrer ses trente années d'existence. L'anniversaire se tiendra le samedi 8 juin à 13 h 30 à l'Espace Pierre Clerc - Esplanade Charles de Gaulle en compagnie des romancières Anne Perry et Odile Bouhier. Une rencontre sera pour l'occasion animée par Jérôme Dejean.

    Comédie du livre de Montpellier
    Place de la Comédie - Esplanade Charles de Gaulle

    Liens : Jacques Ferrandez |Anne Perry |Odile Bouhier

  • 10/07 Prix littéraire: Sélections GPLP 2012

Oran en emporte le vent

Il y a un temps pour la souffrance, un temps pour le recueillement pieux, et un temps pour l'histoire. Il faut que les passions se décantent, que les années passent pour que les langues se délient. Souvent les anniversaire sont une bonne occasion pour revenir et se souvenir. C'est ainsi qu'avec le cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie, en France, les événements dramatiques, les témoins au soir de leur de leur vie, témoignent plus facilement et révèlent la part d'ombre des appelés français (même si Jacques Syreigeol avait ouvert la vanne avec une trilogie vendéenne il y a quelques années à la "Série noire"). Mais côté algérien ? Leur indépendance et la prise en main du pouvoir par un parti unique a également "unifié" et magnifié les mémoires.

Barouk Salamé a ouvert le chemin de cette remise en cause de mythes un peu éloignés de nos préoccupations avec Le Testament syriaque et Arabian Thriller, ses deux précédents romans, qui revenaient sur les fondamentaux de l'Islam. Comme son personnage central est un pied noir, ayant fui en 1962 l'Algérie, il était intelligent de raconter son enfance, une enfance exemplaire au sein des derniers mois de lutte. À travers les yeux d'un enfant adolescent et cultivé, c'est l'envers du décor qui est proposé de manière vivante et forte. Ce dont on pouvait se douter est parfaitement résumé par le titre qui reprend un proverbe. Au début, la guerre est menée par des génies. La grand-mère du héros, est ici présentée, à travers un portrait sensible, juive, voulant l'indépendance, communiste, elle détient des secrets qui peuvent assombrir le mouvement de libération nationale.
La guerre est poursuivie par des héros que l'on voit s'agiter dans le roman comme ce jeune homme nommé garde du corps de l'enfant ou des résistants de la première heure qui doivent se cacher à la fois de l'armée française et des autres mouvements algériens. Des héros que l'on voit principalement en filigrane de l'histoire, comme les parents du personnage central, ou un général algérien qui essaye d'ouvrir une voie entre l'indépendance pure et le travail avec les Français. La guerre s'achève lorsque ce sont les lâches qui prennent le pouvoir. De fait, les documents que détient la grand-mère peuvent salir la réputation justement de ces héros de la dernière heure, que Barouk Salamé décrit comme des opportunistes, se débarrassant plus facilement des complices qui peuvent les gêner que de leurs ennemis, les plus machiavéliques sans doute.

Avec le recul historique (après tout Napoléon s'incruste grâce à la révolution ; Staline prend le pouvoir en tuant les premiers révolutionnaires et l'observateur attentif peut en voir les prémices dans les printemps arabes actuels), l'on pouvait se douter que les nouveaux maitres de l'Algérie en 1962 étaient de la même trempe. C'est ce que démontre, avec grâce, Barouk Salamé au fil d'une intrigue limpide, de rebondissements variés, à travers un personnage vivant et crédible pour nous donner une magnifique leçon d'histoire fictionnelle ou de fiction histoire hyper-réaliste.


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°46

Nominations :
Prix Polar Michel Lebrun 2012
Grand prix de la littérature policière - roman français 2012
Prix Mystère de la Critique 2013

Citation

L'indépendance fut une fête dans tous le pays, mais dans la ville d'Oran, le méchoui avait le goût de la chaire humaine.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 09 avril 2012
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