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mercredi 20 janvier

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Roman - Noir

Le Diable, tout le temps

Social - Urbain MAJ lundi 09 avril 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,3 €

Donald Ray Pollock
The Devil All the Time - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Mercier
Paris : Albin Michel, février 2012
370 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-226-24000-2
Coll. "Terres d'Amérique"

Actualités

  • 25/11 Prix littéraire: Résultat 2013 des trophées 813
  • 24/04 Prix littéraire: 2013 : premier tour des Trophées 813
    Les adhérents de l'association 813, les Amis des littératures policières, ont eu à s'exprimer afin de définir les sélections des Trophées. Les nommés tant en romans et nouvelles francophones qu'en étrangers confirment une tendance relevée cette année avec quelques intrusions bienvenues (Alix Deniger, Christian Roux, Deon Meyer & Benjamin Whitmer). L'on a beaucoup parlé de Paul Colize, Jérémie Guez, Karim Miské et olivier Truc ; Victor del Árbol et Donald Ray Pollock ont déjà trusté nombre de prix. L'ensemble est de haute tenue et semble laisser poindre une nouvelle génération d'auteurs - surtout en ce qui concerne les romanciers francophones - rappelons que Paul Colize est belge. L'on regrettera cependant l'absence de romancières. Le Trophée Maurice Renault, s'il est censé récompenser avant tout un essai, offre la part belle aux blogs et à notre site. Nous ne saurions cependant conseiller aux adhérents de privilégier La Tête en noir, plus vieux fanzine du genre, ou L'Indic, revue de l'association Fondu au noir, tant le Trophée nous parait plus devoir promouvoir une œuvre imprimée et non virtuelle. Mais cet avis n'engage que nous. Enfin, la sélection du renaissant Trophée de la bande dessinée promet. Les amateurs de bandes dessinées graphiques sont servis entre Blaste, troisième du nom, Castilla Drive, Pizza Road Trip et Zone blanche. Ces Trophées s'annoncent prometteurs avec des choix hitchcockiens. Les adhérents ont jusqu'au samedi 20 octobre pour faire leur choix !

    Trophée du roman francophone ou recueil de nouvelles :
    - Back up, de Paul Colize (La Manufacture de livres) ;
    - I cursini, d'Alix Deninger (Gallimard, "Série noire") ;
    - Balancé dans les cordes, de Jérémie Guez (La Tengo) ;
    - Arab jazz, de Karim Miské (Viviane Hamy, "Chemins nocturnes") ;
    - L'Homme à la bombe, de Christian Roux (Rivages, "Noir") ;
    - Le Dernier Lapon, d'Olivier Truc (Métailié, "Noir").

    Trophée Michèle Witta du roman étranger ou recueil de nouvelles :
    - La Tristesse du samouraï, de Victor del Árbol (Actes sud, "Actes noirs") ;
    - À la trace, de Deon Meyer (Le Seuil, "Policiers") ;
    - Le Diable, tout le temps, de Donald Ray Pollock (Albin Michel, "Terres d'Amérique") ;
    - Pike, de Benjamin Whitmer (Gallmeister, "Noire").

    Trophée Maurice Renault (essai, article de presse, magazine...) :
    - L'Indic, revue de l'association Fondu au noir ;
    - La Tête en noir, fanzine dirigé par Jean-Paul Guéry ;
    - Action suspense, blog de Claude Le Nocher ;
    - Actu du noir, blog de Jean-Marc Laherrère ;
    - k-libre, site dirigé par Julien Védrenne.

    Trophée bande dessinée :
    - Blast. 3, La Tête la première, de Larcenet (Dargaud) ;
    - Castilla Drive, d'Anthony Pastor (Actes sud, "L'An2") ;
    - La Peau de l'ours, de Zidrou & Oriol (Dargaud) ;
    - Pizza Road Trip, d'El Diablo & Cha (Ankama) ;
    - Zone blanche, de Jean-Claude Denis (Futuropolis).
    Liens : Back up |I cursini |Balancé dans les cordes |Arab jazz |L'Homme à la bombe |Le Dernier Lapon |La Tristesse du Samouraï |À la trace |Pike |Castilla Drive |Zone blanche |Paul Colize |Alix Deniger |Jérémie Guez |Karim Miské |Christian Roux |Olivier Truc |Deon Meyer |Donald Ray Pollock |Benjamin Whitmer |Jean-Paul Guéry |Jean-Marc Laherrère |Manu Larcenet |Anthony Pastor

  • 13/03 Prix littéraire: Prix Mystère 2013
  • 16/10 Librairie: Pollock en trois dates
  • 10/07 Prix littéraire: Sélections GPLP 2012

Dieu nulle part

À Knockemstiff, Ohio, comme dans beaucoup de coins reculés en Amérique, le fanatisme religieux est omniprésent. La lutte du Bien contre le Mal est dans tous les esprits. Tous fils de Dieu, mais tous serviteurs du diable, les personnages de ce roman sont torturés par ce combat. Tous connaissent le Livre Sacré. Tous ont écoutés les prêches de leurs pasteurs. Mais aucun de ces enseignements ne résonne en eux. Tel que pourrait l'énoncer un des nombreux prédicateurs présents dans ces coins reculés, le malin les guide. Le désir de rédemption est pourtant présent en chacun. Un désir malheureusement trop fugace, peu ravivé par cette image insidieuse d'une possible vie meilleure après la mort. Mais ici-bas, les personnages que nous donne à voir Donald Ray Pollock contribuent à faire de ce lieu un véritable enfer. Qu'ils boivent, mentent, violent ou assassinent ne les gênent aucunement. Ressentir une once de remord après leurs méfaits, leur suffit à envisager la possibilité du salut éternel. Rien n'empêche donc à ce couple de continuer à faire de ces auto-stoppeurs leurs proies pour des séances photo lubriques et macabres. Rien n'empêche ce pasteur de continuer à manipuler et abuser ses plus jeunes paroissiennes. Ces pécheurs n'ont pas de soucis à se faire si Dieu voit aussi bien qu'il entend chacun des suppliques de ses ouailles. Car c'est aussi la misère de ces hommes que s'attache à nous montrer Pollock, qu'elle soit spirituelle ou matérielle. Ce livre d'une noirceur redoutable, qu'aucune lumière divine ne parvient à éclairer, est bel et bien la chronique de ces hommes et leurs conditions en ces lieux reculés. Quelques âmes aussi arides que la plume de leur créateur, dans lesquelles aucune miséricorde ne semble pouvoir croître. Des âmes, qui même si elles ne se comptent pas aux nombre de 1275, nous font inévitablement penser à Jim Thompson évoluant dans un conte macabre, digne du regretté Harry Crews, une autre des influences de Pollock. Une parenté prouvant que nous avons là un sacré premier roman.

Récompenses :
Prix Mystère du Meilleur roman étranger 2013
Grand prix de la littérature policière - roman étranger 2012

Nominations :
Grand prix du balai d'or 2012

Citation

Chaque fois qu'il baisait avec une jeune fille, Preston se sentait coupable, avait l'impression de se noyer dans la culpabilité, au moins pendant une ou deux longues minutes. Pour lui, une telle sensation était la preuve que, aussi cruel et corrompu qu'il pût être, il pouvait encore aller au Paradis.

Rédacteur: Benjamin Fricard dimanche 26 août 2012
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