Ordures connection

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Roman - Noir

Ordures connection

Mafia - Corruption MAJ mercredi 21 mars 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17 €

P. J. Martin
Marseille : L'Écailler, mars 2012
188 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-36476-009-7
Coll. "Pulp"

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Combien de fois n'a-t-on pas entendu que Marseille ce n'était déjà plus la France mais déjà un pays méditerranéen (voire des remarques plus xénophobes...) ? Ce n'est pas Ordures connection qui va changer la donne dans sa description des collusions entre les instances politiques locales qui se partagent entre droite et gauche le pouvoir pour complaire au parrain local. Ni dans celles des truands qui ne font que gérer au mieux de leur intérêt les particularismes locaux et des gouvernements nationaux qui se contentent de compter les points et de laisser les autochtones se débrouiller entre eux, en huilant les coins qui grincent.

Très symboliquement, le point de départ de l'enquête tourne autour des ordures et de leur traitement, des différents choix qui permettent de les écluser de la ville et les magouilles qui suivent, depuis la mise en place du clientélisme par Gaston Defferre jusqu'au choix des techniques ultra-modernes, choix effectué non pas à cause des services rendus mais selon la graduation des pots-de-vin nécessaires.
Pour nettoyer la ville, il faut un juge qui en veut et ce sera Charly Delorme (qui risquera sa vie) pour démonter les rouages complexes du système politico-mafieux). Il faut aussi des policiers honnêtes (et ce sera un gendarme qui mènera en tout discrétion les investigations). Il faut également quelqu'un qui racontera toute la quête. Ce sera le travail d'une journaliste anglaise, ancienne petite amie du juge venue décrire pour les Anglais les beautés de la côte. Mais il faut surtout un mystérieux informateur qui connait tous les rouages et ne peut se résoudre à laisser sa ville sombrer dans le banditisme.
L'intérêt principal d'Ordures connection ne consiste pas dans l'aspect romanesque qui reste anecdotique mais surtout dans la description par une suite de retranscriptions de conversations téléphoniques des corrompus, par l'analyse des mécanismes qui montrent comment, par delà les clivages politiques, on met une ville en coupe réglée (sans que cela gène les grandes figures morales des partis parisiens). On se dit que c'est inventé et puis l'on songe qu'effectivement la ville est gérée à droite au sein d'une agglomération laissée à la gauche, représentée par un personnage qui semble plus doué pour les discussions devant les juges que devant les assemblées.

Cette réalité légèrement fictionnée va jusqu'au bout de sa logique car elle finit en demi-teinte : le voile de la prévarication est levé mais les fonctionnaires sont mutés, écartés par une machine qui ne croit qu'en sa propre continuité. En finissant le livre, on se souvient que chez Hammett, à la fin, la ville est nettoyée. Aujourd'hui, les éboueurs ont trop de travail.

Citation

Il a été retrouvé mort, transpercé d'une balle à la tête, dans la salle à manger du maire, située dans l'épaisseur du bâtiment, entre la salle des mariages au rez-de-chaussée et les bureaux du premier étage.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 20 mars 2012
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