Une mort absurde

Peste, que voilà des noms princiers pour vivre dans un pareil taudis.
Françoise Casas - Les Énigmes du Bois-Joli
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

On se souvient du nom des assassins
Dans l'un de ses premiers textes policiers, Léo Malet impliquait dans son intrigue une recherche auto...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 30 avril

Contenu

Roman - Policier

Une mort absurde

Historique - Assassinat MAJ lundi 13 février 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Laura Wilson
An Empty Death - 2009
Traduit de l'anglais par Valérie Malfoy
Paris : Albin Michel, février 2012
496 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-226-21855-1
Coll. "Spécial suspense"

La mort peut-elle être autre ?

Dans Londres soumis aux attaques des V1, Ted Stratton enquête sur la mort d'un médecin. Une nouvelle histoire de Laura Wilson qui réussit un thriller psychologique de très bonne tenue.

Sam Todd est un garçon qui a volontairement choisi de disparaître à l'âge de dix-sept ans, en laissant croire à sa mort. Depuis, il suit un parcours composé d'impostures. Dès son enfance il a rêvé de devenir "docteur". Il s'est fait recruter à la morgue de l'hôpital Middelsex pour étudier le corps humain. Le cadavre du Dr Reynolds lui offre cette possibilité.
Ted Stratton est Inspecteur dans le commissariat proche de l'hôpital. Après avoir passé une partie de la nuit à dégager les corps des décombres avec des secouristes, sauvé Mme Ingram, il se retrouve chargé de déterminer les causes de la mort du Dr Reynolds, retrouvé vers des gravats.
Doris, sa belle-sœur, recueille Mme Ingram car celle-ci, arrivée depuis peu de temps, ne connaît personne. Son mari, mobilisé, sera prévenu.
À Middelsex, une jeune infirmière est retrouvée étranglée. Les indices sont maigres et la pression sur Stratton s'accentue...
Pendant ce temps, Sam Todd réunit les éléments qui lui permettront de devenir le Dr James Dacre, du nom d'un ancien camarade de classe primaire. Seulement...

Laura Wilson donne une relation détaillée de l'enquête, du parcours et des démarches de l'imposteur. Elle offre une étude psychologique étayée des personnages, une recherche approfondie des attitudes et des comportements. Elle installe un climat de tension, qui va jusqu'au tragique, avec des faits, en apparence, anodins, tels que la pression d'une hiérarchie, la crainte d'avoir un enfant, les rencontres diverses et les faux-pas. Elle alterne, avec un rythme soutenu, les actions, les points de vue des personnages, les éléments d'intrigues.

Elle excelle dans la construction de personnages aux multiples visages que ce soit Sam Todd ou d'autres. La notion d'identité, la réelle nature des gens, les personnalités qui peuvent en cacher d'autres, sont autant de moyens d'intrigues et de suspense. Elle base également son récit sur la confiance, à la fois confiance en soi et la confiance que l'on peut accorder à ses interlocuteurs.

Elle appuie une partie de son histoire sur les effets du syndrome de Capgras, une pathologie particulièrement éprouvante, tant pour le malade que pour son entourage.

Elle décrit, avec réalisme, le climat qui régnait dans Londres, avec la menace permanente des bombes V1, les restrictions, les privations. Elle fait ressentir la joie de trouver de quoi améliorer son quotidien quand tout fait défaut. Découvrir, même à prix d'or, du savon, du papier toilette, de la nourriture digne de ce nom, enchantaient les Londoniens.
Elle manie, sans en avoir l'air, l'humour noir quand, par exemple, elle fait dire à l'un de ses personnages : "Un vrai meurtre. Pas un type qui tue sa femme. Du sérieux."

Avec Une mort absurde, Laura Wilson donne un surprenant roman à l'intrigue adroitement ciselée, d'une grande intelligence, servie par une galerie de personnages remarquablement mis en scène.

Citation

Il était bel et bien en route pour les sommets. Être médecin ! C'était une sensation merveilleuse et grisante. Et il y avait Fay Marchant, qui était prête à être croquée par lui... Oh, il allait bien s'amuser.

Rédacteur: Serge Perraud dimanche 05 février 2012
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page