Marcq ou crève

C'était peut-être à cause de la pureté de l'atmosphère, des rochers, dans le lit des rivières, incrustés de fossiles d'hellgrammites, de la découpure bleuâtre des Cascades sur le ciel, de l'impression automnale de la mort dans le vent, suivie par l'hiver et, avec un peu de chance, par un autre printemps.
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jeudi 15 novembre

Contenu

Roman - Policier

Marcq ou crève

Disparition - Assassinat MAJ vendredi 27 janvier 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 10 €

Philippe Govart
Villeneuve-d'Ascq : Ravet-Anceau, mars 2011
220 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-35973-156-9
Coll. "Polars en Nord", 79

L'enfer du Nord

Schryve est un policier tout ce qu'il y a de plus normal : alcoolique jusqu'au bout des ongles, divorcé, ressassant le départ de son fils parti depuis quinze jours sans donner de nouvelles, et surtout suicidaire. Il est en train de draguer une serveuse dans un bled perdu de la campagne plate et désolée de l'arrière-pays lillois tout en enquêtant sur une jeune femme morte et abandonnée dans un champs, la tête fracassée... Du banal, non ? Sauf que tout tourne court lorsque son équipier lui téléphone et lui demande ce qu'il fait car si Schryve enquête sur le bon meurtre, il s'est trompé de cinquante kilomètres quant à l'endroit où fut retrouvé le corps... Et pourtant, les gens du coin lui ont parlé de la morte...

Marcq ou crève est une histoire hallucinée dans laquelle nous assistons pendant cent pages à une enquête où la victime en fait n'existe pas, puis nous suivons un autre policier qui n'arrive à rien pris entre sa jeune épouse et des indics forts en couleur - une prostituée qui entend être payée en nature et des travestis. Si l'on ajoute que le roman s'ouvre sur la joie d'émigrés clandestins qui voient les côtes anglaises et que l'intrigue est stoppée constamment par les souvenirs d'un chien depuis son arrivée chez son maitre jusqu'à sa mort, l'on comprendra aisément la proscription des stupéfiants d'usage pourtant fort accessible en cette région limitrophe de la Belgique et donc des Pays-Bas.

Le roman de Philippe Govart virevolte ainsi, décrivant jusqu'à l'absurde des scènes éclatées, à l'image des tensions mentales qui touchent presque tous ses personnages. Pris dans le tourbillon, vivant la nausée existentielle ou alcoolisée des personnages, tentant de rendre compte des états d'esprit, des pensées parfois hallucinées de ceux-ci, le texte reflète ces hésitations, ces pertes de conscience et, malgré les vraisemblances malmenées, nous emporte.

Citation

Étalé de tout son long sur le parquet du séjour, baignant dans son urine, une paume ouverte et les doigts crispés vers le plafond, Schryve calcinait en enfer.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 26 janvier 2012
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