Rain Dogs

Il saoule votre conflit. Moi j'en ai plein le cul de passer trois heures à faire une lessive et passer la serpillière quand y a une fuite parce que personne à le courage de s'y coller.
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vendredi 24 octobre

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Roman - Noir

Rain Dogs

Ethnologique - Drogue MAJ mercredi 21 décembre 2011

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 9,5 €

Sean Doolittle
Rain Dogs - 2005
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Sophie Aslanides
Paris : Rivages, octobre 2011
352 p. ; 17 x 11 cm
Coll. "Noir", 838

Chien mouillé sans collier

C'est avec une écriture intimiste que Sean Doolittle a entrepris ce Rain Dogs, qui peut déstabiliser son lecteur car loin d'être un roman tout en rythme, il nous offre une première partie détonante, une seconde accablante et une dernière ultra-rapide comme si l'auteur avait voulu user de la stratégie d'un marathonien pour un livre au final un bon poil trop long.

L'intrigue est complexe même si elle part de la plus simple des manières. Tom Coleman, un reporter porté sur la bouteille quitte Chicago et ses démons pour le Nebraska où il reprend une entreprise de location de canoë kayak. Un retour à la nature en quelque sorte. Sauf qu'en quittant ses démons urbains il prend le risque d'affronter ses démons ruraux.
À peine arrivé, qu'un laboratoire de mét' explose laissant sur le carreau les deux apprentis chimistes. Il se mêle de ce qui ne le regarde pas, il joue les assistants sociaux et les empêcheurs de flics de tourner en rond.
Bien sûr, il y a une femme dans l'histoire avec qui il converse beaucoup par emails, des policiers des stups avec qui dealer (un comble, non ?), un adolescent incompris qui fait beaucoup de bêtises, un vrai dealer patenté, voleur à ses heures perdues et joueur à ses heures nocturnes.
Comme dans tout roman noir, Tom Coleman souffre beaucoup (trop) physiquement et moralement. C'est d'abord ce flic véreux qui use et abuse de la matraque et n'a que faire de la légalité et de la limite des comtés. C'est ensuite cette enfant morte bienb trop tôt qui hante ses cauchemars et le pousse vers une bouteille réconfortante.

On s'ennuie quelque peu pendant une bonne centaine de pages. C'est d'autant plus dommage que Sean Doolittle les résume excellemment en cinq lignes : "Il expliqua tout ce qu'il put, en commençant par la première bière que Scott avait piquée au Débarcadère et en finissant par le fric qu'il n'avait pas piqué. Entre les deux, il se surprit à mentionner des armes, de la drogue, un flic véreux, des fédéraux qui grouillaient dans la vallée comme des tiques." Mais si l'on accepte de les tourner avec des mots qui ne font pas forcément résonance pendant le second tiers du roman, alors on se retrouve en terrain plus connu, avec une fin bien alambiquée qui hésite entre jouissance et pathos à très bonne dose.

Citation

Quand l'effervescence qui l'agitait de l'intérieur retomba, et quand il se rendit compte à quel point la petite mise en scène menaçante de Pack n'avait été qu'une mascarade inepte d'intimidation à deux balles, Tom se redressa bien droit, s'écarta du mur et dégueula sur ses chaussures.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 19 décembre 2011
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