Strange Illusion

2 photographies le représentent assis au banc de l'accusé, la tête posée sur sa main gauche, l'air songeur. L'une est signée "Landru" en haut à droite. L'autre porte en haut cette dédicace ou légende autographe : "Rêvant à présenter une explication plausible à son défenseur Me Navières du Treuil, au sujet du chat galeux et famélique, précédent et seul occupant de la villa du mystère. 18 nov. (1915 biffé) 1921. Landru
Collectif - Bibliothèque Philippe Zoummeroff : crimes et châtiments
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Aucune terre n'est promise
Écrivain de polar et de fantasy ayant connu un succès modéré, Lior Tirosh fuit les ruines de son mariage ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 08 mars

Contenu

DVD - Policier

Strange Illusion

Fantastique - Psychologique MAJ vendredi 24 février 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 10 €

Edgar G. Ulmer
Strange Illusion - 1945
Bertrand Tavernier (présentation)
Paris : Bach Films, janvier 2009
VOST - 1 DVD Zone 2 ; noir & blanc ; 19 x 14 cm
Coll. "Serial Polar"

Actualités

  • 25/07 Site Internet: Films noirs dans le domaine publique en téléchargement légal
    Les amateurs de films de genres introuvables et tombés dans le domaine public vont pouvoir se frotter les mains et s'attendre à passer de longs moments devant leur ordinateur. Un article du site belge Le Vif nous alerte sur l'Internet Archive (IA) qui se veut être une nouvelle bibliothèque d'Alexandrie. Et c'est comme un rappel à l'histoire avec une copie miroir pour éviter tout désagrément qui se trouve justement dans cette bonne ville égyptienne. Alors bien sûr l'IA n'est pas dédiée uniquement aux films tombés dans le domaine public. Cette entreprise en expansion perpétuelle qui comptabilise déjà près de 8 petabytes de données stockées s'intéresse à la vidéo, au son, aux concerts, aux livres et aux logiciels.
    Dès qu'un film tombe dans le domaine public, il est susceptible d'être uploadé. Le tout s'opérant dans la plus stricte légalité, il n'est pas difficile d'imaginer que le projet va prendre de jour en jour une ampleur que l'on ne peut aujourd'hui mesurer. Pour les amateurs et les chercheurs anglophones, c'est une véritable mine (les films français sont pour l'instant ultra-minoritaires, et que dire des autres, mais il ne tient qu'à vous). À noter la sélection dans l'article belge de Jean-François Pluijgers, qui peut vous orienter, vous découvrirez ainsi que sont présents Les Trente-neuf marches, d'Alfred Hitchcock (1935), M le Maudit, de Fritz Lang (1931) et Freaks, de Tod Browning (1931)... Mais dans les faits, si le projet est de taille, pour l'instant, il n'y a "que" quatre-vingt-dix films noirs (parmi lesquels figurent également Strange Illusion, de Edgar G. Ulmer et La Rue rouge, de Fritz Lang). Cela dit, le temps que vous passerez à les regarder, d'autres aurons à coup sûr été mis à votre disposition.

    Liste des genres
    Films noirs
    Liens : M le maudit |Alfred Hitchcock |Fritz Lang

Policier shakespearien

Strange Illusion, du réalisateur américain Edgar G. Ulmer est un film noir psychologique et onirique atypique, réalisé en 1945 avec peu de moyens en à peine trois semaines, et pourtant d'une grande modernité.

C'est avant tout une transposition d'Hamlet sur fond de concerto de Schumann, récurrence musicale présente dans les rêves prémonitoires de Paul Cartwright, un adolescent orphelin brillamment interprété par Jimmy Lydon. Dans ce film, vous ne trouverez pas le château d'Elseneur, il n'empêche qu'il existe un manoir dans lequel erre une jeune veuve éplorée qui va bientôt convoler en justes noces avec un amant menaçant peut-être responsable de la mort de son mari, un juge décédé dans un accident tragique avec un camion, et qui hante les rêves de son fils. Mais l'amant, le très machiavélique Brett Curtis (Warren William, qui a incarné à l'écran Perry Mason, et qui décédera deux ans plus tard), doit subir le rejet de Paul Cartwright, cet adolescent qui a pris sur lui de protéger sa mère (les féministes risquent de hurler ; tout comme les associations anti-racistes verront d'un très mauvais œil ces deux domestiques noirs à l'air heureux, l'homme s'appelle Ben, incroyable ?, qui servent dans un manoir du sud des États-Unis). Paul est un être intelligent, qui peut s'appuyer sur le médecin de la famille (en opposition avec le psychiatre du film, acolyte du mécréant précité), et qui va se faire interner dans un hôpital psychiatrique pour ainsi dévoiler la véritable identité d'un homme malade, qui a une attirance pour les filles trop jeunes, et qui se marie avec des femmes qui ne tardent pas à mourir.

L'intrigue est plutôt simpliste avec un final haletant où la police arrive juste à temps pour amener la justice. Il n'empêche que ce film, Strange Illusion, peut être considéré comme un film majeur du cinéma à bas coût. Tout d'abord, il est autobiographique car le père d'Ulmer est mort très tôt, et le réalisateur a pris grand soin de sa mère. Ensuite, quand on le décrypte, on y découvre une trame shakespearienne à laquelle s'additionnent des thèmes surprenants pour l'époque (les tares de Brett Curtis ; l'influence néfaste de la psychiatrie avec une approche freudienne tout au long du film), un mélange des genres (l'apport du paranormal pour expliquer le normal, ou comme aurait pu dire Freud, "montrer-moi une activité paranormale, je m'empresserai de la guérir"), et une aide technique à toute épreuve de la lumière aux décors.
Au final, un bon cru de série B.

Strange Illusion : 87 min. avec Jimmy Lydon, Warren William, Sally Eilers, Regis Toomey, Charles Arnt, George Reed, Jayne Hazard.
Bonus. Présentation de Bertrand Tavernier.

Citation

Les enfants et les idiots croient souvent les contes les plus incroyables.

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 22 septembre 2015
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page