Calibre

Chaque crocodile symbolise la tombe mouvante de chaque français mort sous ces latitudes ; le Tonkin est un vaste cimetière d'écailles et de dents adaptées au découpage rapide de la viande.
Jan Thirion - Soupe tonkinoise
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

On se souvient du nom des assassins
Dans l'un de ses premiers textes policiers, Léo Malet impliquait dans son intrigue une recherche auto...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mardi 22 août

Contenu

Roman - Policier

Calibre

Tueur en série - Procédure MAJ lundi 19 septembre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17 €

Ken Bruen
Calibre - 2006
Traduit de l'anglais (Irlande) par Daniel Lemoine
Paris : Gallimard, septembre 2011
216 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-07-078698-5
Coll. "Série noire"

Tuer poliment

Calibre, dernier roman en date de Ken Bruen, est une immersion double dans la littérature policière et dans un commissariat londonien. L'auteur irlandais nous invite à pourchasser un tueur en série d'un genre particulier. C'est un comptable qui entretient une relation factice avec une prostituée que d'aucuns jugeront moche, et qui a pris en grippe les personnes malpolies. Il leur fait donc ravaler leur langue tout en faisant preuve d'ingéniosité quant à la manière.

C'est donc l'occasion pour Ken Bruen de nous plonger dans sa bibliothèque policière idéale tant par les nombreuses citations qui accompagnent chaque nouveau chapitre que dans le corps même du récit où se dessinent des hommages subtils. C'est également sans compter les nombreux policiers qui arpentent ce court récit, sixième volet des aventures de Robert et Brant (un couple construit pour durer), en l'inondant de leurs personnalités forcément atypiques. Car chez Ken Bruen, les personnes en marge sont du côté de la loi. Non pas que ceux qu'ils arrêtent sont normaux, mais dans le cas de ce comptable, on aurait envie de dire que le pourchassé est le moins anormal des anormaux même s'il est obsédé par Le Démon dans ma peau. C'est d'abord évident avec le choix de son métier. Ce n'est pas faire offense aux comptables que de dire qu'ils représentent dans la littérature, depuis Georges Simenon, l'être plutôt fade et transparent qui se fond dans la population, celui à qui on ne fait pas attention (au contraire du livreur de pizzas). S'il ne se fait pas prendre rapidement, c'est avant tout parce qu'il a une chance éhontée du genre de celle qui réussit aux audacieux. Ce qui ne l'empêche pas d'être très vite découvert par ces psychopathes de la police, qui lui promettent enfers et abysses quand ils auront débusqué la moindre preuve, et qui prennent un malin plaisir à jouer de la légalité.

C'est le moment choisi par Ken Bruen pour faire diversion en multipliant les interactions entre ses personnages fétiches, en ajoutant de menues sous-intrigues. Des dialogues au cordeau qui pourraient tous entrer dans un dictionnaire de citations se mêlent à un style noir comique rendu jouissif par la brièveté du récit. Ken Bruen prend le temps de nous proposer les petits actes quotidiens qui peuvent être aussi bien héroïques que d'une lâcheté incroyable - sacré McDonald qui s'invente des raisons pour fuir une prise d'otages, et qui va ensuite tenter d'arpenter la dure montée vers la rédemption. Sans l'air d'y penser Ken Bruen nous offre une critique humaine féroce...


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°44

Citation

Un flic qui fait justice lui-même, il peut agir dans le cadre de la loi et en dehors.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 18 septembre 2011
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page